(www.infomediaire.ma) – Malgré une légère baisse de la demande en provenance d’Europe, ainsi que les troubles politiques qui ont secoué les autres pays de la région et enfin un attentat à Marrakech, le secteur du tourisme marocain affiche cette année une forte croissance contracyclique grâce à de nouveaux investissements étrangers qui multiplient l’offre hôtelière, et appuyée par une ambitieuse stratégie gouvernementale qui vise à augmenter à la fois la capacité litière et le nombre de visiteurs.
Le premier Four Seasons du Maroc et du Maghreb a ouvert ses portes à Marrakech en novembre. L’hôtel s’étend sur un domaine de 15 hectares où sont réparties 141 chambres. Le projet, d’un coût total de 1,7 milliards de dirhams (152 millions d’euros) a été réalisé par la société saoudienne Kingdom Holding Company et sa filiale Kingdom Hotel Investment. La chaine hôtelière prévoit pour 2013 l’ouverture de son deuxième hôtel du pays à Casablanca, au cœur du complexe Anfaplace Living Resort.
Le Four Seasons n’est qu’un exemple. En effet, de nombreuses enseignes hôtelières internationales se sont installées au Maroc ces dernières années. Sheraton, Hilton, Ritz-Carlton et Oberoi, pour ne citer qu’eux, sont également présents dans le pays et vont bientôt être rejoints par d’autres hôtels : Oetker Collection ouvrira son Palais Namaskar, pour un coût de 560 millions de dirhams (50 millions d’euros) en mars 2012 ; quant au groupe Sofitel, il prévoit l’ouverture de deux hôtels, à Agadir et Casablanca, d’ici l’été 2012, portant à 8 son nombre total d’unités hôtelières dans le royaume. La construction de deux nouveaux Ibis et de deux Novotel a également déjà été approuvée avec un début des travaux en 2012 et des dates d’ouverture prévues en 2013 et 2014.
Le gouvernement marocain compte sur une poursuite de ces investissements pour atteindre son objectif de 200000 lits d’ici 2020, ce qui nécessitera un investissement à hauteur de 100 milliards de dirhams (8,9 milliards d’euros). En 2010, la capacité hôtelière du pays était de 178000 lits, soit une augmentation considérable par rapport aux 97000 lits que comptait le pays au moment du lancement de la politique touristique Vision 2010 au début des années 2000.
Depuis, l’Etat s’est doté d’une nouvelle stratégie à long terme, la Vision 2020, grâce à laquelle il espère non seulement faire passer la capacité hôtelière à 200000 lits mais également créer 470000 nouveaux emplois, porter les recettes touristiques à 140 milliards de dirhams (12,54 milliards d’euros) et attirer un nombre croissant de visiteurs internationaux et nationaux dans ses hôtels et complexes hôteliers.
La construction de nouveaux hôtels fait partie intégrante de la stratégie du Maroc d’accueillir plus de visiteurs, le tourisme étant l’un des plus gros contributeurs au PIB national. En effet, malgré la crise de la dette dans la zone euro, le printemps arabe et l’attentat à la bombe qui a eu lieu en avril à Marrakech, l’affluence des visiteurs au Maroc a été plus importante que prévue. Si le nombre de nuitées a accusé une légère baisse par rapport à 2010, ce chiffre a été compensé par des arrivées de touristes qui elles enregistrent une légère hausse. D’après le Ministère du Tourisme, le nombre d’arrivées pour l’année 2011 jusqu’à la fin septembre, ce qui inclut donc le mois du Ramadan, atteignait le chiffre de 7,3 millions de touristes, soit une augmentation de 2% par rapport à la même période en 2010.
Les investissements réalisés dans le cadre de la Vision 2010 se sont portés à 104 milliards de dirhams (9,3 milliards d’euros). Dans le cadre de la Vision 2020, le gouvernement espère maintenir cette dynamique en encourageant l’investissement et en enrichissant son offre touristique. Le montant total des investissements dans le secteur devrait atteindre les 12,8 milliards de dirhams (1,14 milliards d’euros) rien que d’ici la fin de l’année, ce qui représente une nette augmentation par rapport aux trois dernières années où la moyenne annuelle s’élevait à 8 milliards de dirhams (714,6 millions d’euros).
La création du Fonds Marocain pour le Développement Touristique (FMDT) joue un rôle crucial dans cette dynamique. Avec pour objectif une capitalisation de 100 milliards de dirhams (8,9 milliards d’euros), cet outil d’investissement canalisera les capitaux vers des zones cibles pour des projets ayant trait à l’infrastructure et au développement de la capacité hôtelière.
Alors que le gouvernement avait ouvert la voie à la contribution du secteur privé au tourisme dans le cadre de la Vision 2010, avec de nombreux projets de développement hôtelier – comme par exemple le Plan Régional de Développement Touristique (PRDT), le Plan Biladi d’incitation au tourisme interne et de mise en valeur de huit zones touristiques, ou encore le Plan Azur pour la réalisation de six stations balnéaires- l’objectif de la Vision 2020 est d’accélérer la mise en œuvre de ces axes stratégiques tout en redoublant d’efforts pour orienter les investissements vers des zones moins développées plutôt que vers les quatre destinations principales du Maroc que sont Marrakech, Agadir, Casablanca et Tanger.
Le pays cherche également à explorer des marchés de niche, tels que le tourisme d’affaires. Malgré un potentiel évident en matière d’accueil de congrès et d’expositions, le pays ne possède pas la notoriété et les infrastructures d’autres destinations méditerranéennes comme par exemple Istanbul. Pour tenter de pallier à ce manque, le Ministère du Tourisme a déjà fait appel à des consultants pour mener des études sur les potentialités du tourisme d’affaires et prévoit le lancement d’une campagne promotionnelle d’ici la fin de l’année ou le début de l’année prochaine.
Grâce aux investissements qui continuent d’affluer et à un gouvernement qui a démontré, avec la Vision 2020, son engagement à diversifier l’offre touristique du pays, on peut s’attendre à un développement considérable des infrastructures du secteur du tourisme dans les prochaines années. Une bonne nouvelle aussi bien pour les investisseurs privés, qui espèrent pouvoir accueillir les nouveaux visiteurs du pays, que pour le gouvernement, qui compte sur l’aide des investisseurs pour développer le secteur.
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