Les intervenants à un panel de haut niveau, tenu vendredi à Rabat, ont appelé à renforcer et améliorer la connectivité, qu’il s’agisse du transport aérien, des corridors routiers ou des postes-frontières, pour réussir l’intégration économique du continent.
Le continent ne pourra tirer pleinement profit de Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf) sans des infrastructures permettant la libre circulation des personnes, des biens, ainsi qu’une harmonisation effective des procédures, ont souligné les participants à ce panel portant sur la connectivité aérienne, les échanges et la croissance économique en Afrique, organisé en marge de l’édition 2025 de l’Africa Investment Forum (AIF).
Intervenant à cette occasion, la vice-présidente de la Banque Africaine de Développement (BAD) chargée du développement régional, Nnenna Nwabufo, a affirmé que les avions, les corridors de transport et les postes-frontières constituent un même écosystème régional, et doivent donc être développés conjointement pour soutenir l’intégration continentale.
Elle a mis en avant l’importance d’une mise en œuvre effective du marché unique africain du transport aérien (SAATM), relevant que l’ouverture des cieux pourrait générer jusqu’à 1,3 milliard de dollars de PIB supplémentaire et plus de 150.000 emplois dans une douzaine de pays.
Dans ce contexte, Mme Nwabufo a rappelé que la BAD a investi plus d’un milliard de dollars dans l’aviation africaine en dix ans et financé 27 postes-frontières à guichet unique et 16 ponts transfrontaliers au sein de 25 corridors, soulignant que ces investissements ont permis d’accélérer considérablement le passage des frontières dans plusieurs régions.
Elle a également plaidé pour une digitalisation accrue afin de passer du « one-stop » au « no-stop border post ».
Pour sa part, la Chief Operating Officer de Royal Air Maroc, Ilham Kazzini, a relevé que la connectivité intra-africaine demeure très limitée, rappelant que le continent représente 20% de la population mondiale mais seulement 2% du trafic aérien.
Notant que la RAM dessert désormais 30 destinations africaines, avec des fréquences quotidiennes pour la majorité d’entre elles, elle a affirmé que l’extension du réseau dépendra notamment de l’harmonisation des accords bilatéraux et du renforcement des infrastructures aéroportuaires.
Mme Kazzini a également estimé que la fluidification des procédures aéroportuaires et la digitalisation constituent des leviers essentiels pour réduire les temps de rotation, accroître les capacités et ouvrir de nouvelles routes, ajoutant que la compagnie poursuit l’expansion de son réseau dans la perspective d’une flotte portée à 130 avions en 2030 et 200 en 2037.
De son côté, le PDG de Scanning Systems, Mory Diane, a insisté sur l’importance d’une intégration technologique des administrations aux frontières. Il a expliqué que la digitalisation n’est efficace que si les systèmes des douanes, de l’immigration, de la santé et de la police sont en parfaite harmonie.
M. Diane a ajouté que des outils de contrôle performants, tels que les scanners à haute intensité, sont indispensables pour réduire la fraude documentaire et accélérer les flux, citant notamment l’exemple des postes frontaliers juxtaposés mis en place par Scanning Systems en 2011, où le trafic est passé de 150 à 1.400 véhicules par jour en quatre ans.
Les intervenants ont estimé que la réussite de l’intégration africaine repose sur une approche coordonnée, combinant investissements ciblés, harmonisation des règles et adoption de solutions numériques, afin de faciliter la mobilité et soutenir les chaînes de valeur régionales.
Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l’AIF 2025 vise à faciliter les investissements internationaux en Afrique en réunissant les promoteurs de projets, les financiers, les gouvernements ainsi que d’autres parties prenantes clés, dans l’objectif de conclure des transactions.
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