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    Salaheddine Kadmiri, Vice-président Général de la CGEM

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    Infomediaire : Vous venez de dévoiler les résultats de 8 mois d’études sur « Les leviers de la compétitivité des entreprises marocaines» ? Pouvez-vous partager avec nos lecteurs les grandes lignes de cette enquête ?
     
    Salaheddine Kadmiri : Cette étude, qui a nécessité huit mois de travail, a été effectuée auprès de douze fédérations professionnelles dans quatre régions du pays, des commissions et auprès de divers organismes externes à la CGEM. Elle a porté sur trois axes : état des lieux des écosystèmes de la compétitivité, un benchmark international avec des pays à développement similaire et des mesures prioritaires, concrètes pour améliorer la compétitivité de nos entreprises.
     
    La compétitivité ne peut être que le fruit d’un partenariat tripartite gagnant-gagnant entre l’Etat, les entreprises et les partenaires sociaux.
     
    La compétitivité, aujourd’hui une urgence pour les PME et pour l’économie nationale, passe par une vision économique forte, claire et partagée qui redonne à l’industrie la place qu’elle mérite.
     
    Le Maroc doit tenir le cap de la compétitivité, qui nous paraît impératif aujourd’hui d’accélérer le rythme des réalisations, de réhabiliter l’investissement industriel, axé sur le développement des PME et de leur compétitivité en s’inscrivant dans une vision globale public-privé pour bâtir le modèle économique marocain.
     
    Infomediaire : Dans ce contexte, Quel est l’état des lieux de l’écosystème de la compétitivité que vous avez pu dresser au Maroc ?
     
    Salaheddine Kadmiri : On note que 40% des exportations nationales sont constitués de produits finis de consommation. Il est temps de mettre en place une stratégie pour toute l’industrie, celle qui exporte et celle qui produit pour le marché local, car il s’agit, d’un gage de stabilité, un facteur de création d’emplois pérennes et un régulateur à l’augmentation démesurée des importations.
    L’étude relève que le Maroc a connu une croissance significative de son PIB durant les dernières années, mais cette croissance s’est accompagnée d’une forte hausse des importations qui a reflété une grande dépendance de l’économie marocaine et une faiblesse de la production locale et la faible adéquation de cette production avec les besoins, en plus de la forte concentration des exportations sur le marché européen et leur faible diversification. 
     
    Infomediaire : Pouvez-vous rebondir brièvement sur  les mesures prises par la confédération patronale dans l’optique d’améliorer la compétitivité des entreprises nationales ?
     
    Salaheddine Kadmiri : Parmi les principales recommandations émises par la CGEM, on retrouve un impératif, celui de mettre l’industrie au cœur de la stratégie du pays. Dans son corollaire, on demande l’utilisation de l’outil fiscal pour attirer l’investissement vers l’industrie, une fiscalité au service de l’économie et de l’industrialisation.
     
    Par ailleurs, la CGEM revendique son implication en amont dans les politiques publiques, dans la conception même des politiques économiques. Elle prône également la poursuite du dialogue social.
     
    Les 7 axes de Cap compétitivité
    Sur un ensemble de 100 mesures identifiées par l’étude sur les leviers de la compétitivité, 29 sont jugées prioritaires et sont regroupées par la CGEM selon les  7 axes suivants :
    • Mettre l’industrie au cœur de la stratégie de développement. 
    • Utiliser l’outil fiscal pour rendre attractif l’investissement dans l’industrie.
    • Renforcer l’investissement dans des solutions d’efficacité énergétique en vue de réduire les coûts de l’énergie pour les entreprises.
    • Renforcer l’implication du secteur privé en amont des politiques publiques.
    • Poursuivre l’effort de dialogue social avec les partenaires sociaux de l’entreprise pour favoriser un meilleur partenariat employeurs/employés. 
    • Améliorer l’accès au financement bancaire, notamment pour la PME.
    • Renforcer la notoriété et l’attractivité du label «made in Morocco», à travers une meilleure distribution et un meilleur marketing au Maroc et à l’étranger.
     
    Infomediaire : Par quels moyens, considérez-vous que l’on  peut renforcer la notoriété et l’attractivité du Label «  Made In Morocco » toujours dans la même perspective de développement de la compétitivité des entreprises Marocaines ?
     
    Salaheddine Kadmiri :
     
    L’encouragement de la consommation des produits fabriqués au Maroc, à travers des campagnes publicitaires.
    La mise en place d’une organisation du secteur de la grande distribution moderne favorable à la production nationale et à l’équilibre import-export.
    Le développement de marque nationale qui encourage l’émergence industrielle des produits du terroir et de l’artisanat.
    Le développement des normes et la traçabilité des produits comme garant de la sécurité du citoyen et comme facteurs clés de la lutte contre la contrebande et la contrefaçon.
     
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