Alan Greenspan, le « Maestro » de la Fed rattrapé par l’ombre des subprimes

Alan Greenspan, figure mythique de la finance mondiale et ancien président de la Réserve fédérale américaine, est décédé lundi à l’âge de 100 ans. À la tête de la Fed de 1987 à 2006, il aura marqué près de deux décennies de politique monétaire américaine, entre admiration des marchés et critiques féroces après la crise financière de 2008.

Surnommé « l’Oracle » ou encore « le Maestro », Alan Greenspan s’était imposé comme l’un des banquiers centraux les plus influents de l’histoire contemporaine. Son langage volontairement complexe, devenu une marque de fabrique, faisait trembler Wall Street à chaque déclaration.

Né le 6 mars 1926 à New York, fils d’un courtier en Bourse et d’une mère d’origine polonaise, Greenspan montre très tôt un goût prononcé pour les mathématiques. Passionné également par la musique, il pratique le jazz avant de se tourner définitivement vers l’économie et la finance.

Proche des idées libertariennes d’Ayn Rand, défenseur du marché libre et du capitalisme de laissez-faire, il entre dans la sphère politique auprès de Richard Nixon, avant de devenir conseiller économique à la Maison Blanche sous Gerald Ford.

Nommé en 1987 par Ronald Reagan à la tête de la Fed, il affronte dès ses premières semaines le krach du « Lundi noir », lorsque Wall Street s’effondre de plus de 20% en une séance. Sa réponse rapide, fondée sur l’injection de liquidités, contribue à asseoir sa réputation.

Reconduit par plusieurs présidents, républicains comme démocrates, Greenspan accompagne les années de forte croissance américaine des années 1990. Mais son héritage sera profondément réévalué après l’éclatement de la crise des subprimes.

Ses détracteurs lui reprocheront d’avoir encouragé la dérégulation financière et maintenu des taux trop bas, alimentant la bulle immobilière. En 2008, devant le Congrès américain, il reconnaîtra avoir découvert une « faille » dans sa vision du fonctionnement des marchés.

Alan Greenspan laisse ainsi une empreinte contrastée : celle d’un architecte majeur de la stabilité monétaire américaine, mais aussi d’un homme dont les certitudes ont été ébranlées par l’une des plus grandes crises économiques modernes.

Abonnez-vous à notre newsletter Abonnez-vous à notre newsletter
Rejoignez la communauté des entrepreneurs

Rejoignez-nous sur WhatsApp
Rejoignez-nous sur telegram
Suivez-nous sur Google News