(www.infomediaire.ma) – Le patrimoine archéologique et monumental de la ville de Tanger continue de souffrir de l’étal "vulnérabilité" durant l’année 2014, selon l'Observatoire de la protection de l'environnement et des monuments historiques de Tanger (OPEMH).
2 handicaps entravent la promotion du patrimoine archéologique et monumental de la ville du Détroit, à savoir l’absence d’initiatives pour proposer d’inscrire Tanger sur la liste du Patrimoine mondial et le manque de classement de ces sites archéologiques au niveau national, c’est ce qui ressort du rapport annuel de l'observatoire sur l’état des lieux de l’environnement et des monuments historiques de Tanger pour l’année 2014, présenté lors d'une conférence de presse, tenue récemment à Tanger.
L’Observatoire souligne, toutefois, que l’année 2014 a connu une prise de conscience remarquable de la part de la population et des services administratifs envers cet héritage ancestral, en tant que source de richesse et vecteur de développement, notant l’urgence d’adopter une approche globale et intégrée permettant la protection et la valorisation du potentiel patrimonial de cette ville séculaire.
Malgré la détérioration de certains sites, l’année 2014 a été marquée par le lancement de plusieurs initiatives, dont la restauration et la réhabilitation de la "Villa Perdicaris" et la mise en valeur des Grottes d’Hercules et des espaces environnants, et ce dans le cadre du programme Tanger-Métropole, explique le rapport, appelant à consacrer au patrimoine monumental un programme global et intégré.
L’Observatoire a, dans ce cadre, salué l’efficacité des services communaux pour avoir déplacé quatre canons en mauvais état de conservation en plein air tout près de la tour de Malabata dans l’endroit approprié, appelant à préserver les vestiges d’une tour portugaise, située à Rahbat Zra’a, qui sont envahis par des constructions anarchiques.
A l’instar de la restauration et la réhabilitation de la Villa de France, l’un des bâtiments les plus emblématiques de Tanger classé "Monument historique", l’Observatoire souhaite que d’autres bâtiments historiques bénéficient de la même attention, dont le bâtiment de l’ex-hôtel Cécil, appelant à récupérer et valoriser l’édifice historique de la "Kasbat Ghaylan" et l’Arc de Bab Al Bahr, une baie percée dans le rempart nord de la Kasba.
Le rapport souligne, par ailleurs, avec satisfaction les prescriptions protectrices à caractère juridique stipulées par le Plan d’Aménagement en cours de préparation qui préconisent un traitement spécifique à l’égard des certains sites et zones, de la ville ancienne et du patrimoine architectural de l’époque coloniale.
Concernant la gouvernance relative aux monuments historiques en 2014, l’Observatoire a remarqué l’intérêt manifesté par la Wilaya et la Commune urbaine de Tanger envers certains sites patrimoniaux, dans le cadre du projet Tanger-Métropole, déplorant le manque d’un service chargé de monuments historiques au sein de ces établissements publics et la carence de cadres spécialisés dans la gestion et la valorisation du patrimoine architecturale, ce qui entrave le processus de la protection et de la valorisation du patrimoine archéologique et architectural de Tanger.
S’agissant des organismes de la société civile, l’Observatoire souligne l’amélioration du niveau de prise de conscience chez la population quant à l’importance de la préservation des monuments historiques de la ville de Tanger, ce qui impose aux décideurs l’adoption d’une nouvelle approche plaçant le patrimoine archéologique et architectural au centre des préoccupations.
A travers l'élaboration de ce rapport, l'Observatoire vise à présenter un outil d'aide à la décision aux autorités publiques et renforcer les compétences des acteurs concernés pour accompagner la mise en œuvre des politiques publiques en relation avec le domaine de l'environnement et du patrimoine historique.
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