Accueil Essaid Bellal, DG du cabinet Diorh

    Essaid Bellal, DG du cabinet Diorh

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    Infomediaire : Pouvez-vous nous faire une brève présentation du cabinet Diorh ?  

    Essaid Bellal : Le cabinet DIORH  capitalise 20 ans d’expérience dans le domaine du conseil en Management RH. Nous intervenons principalement dans la mise en place de schémas directeurs RH, la revue des référentiels de compétences, la mise en place de grilles de classification des postes, de systèmes de rémunération globaux, de gestion de la performance, Balanced ScoreCard…
    Nous sommes en particulier experts des problématiques de rémunération, avec une connaissance fine du marché que nous confère notre enquête annuelle de rémunération. Nous avons à cet égard été les premiers à initier ce type d’enquête il y a plus de 15 ans sur le marché marocain.
    DIORH intervient également dans le conseil en recrutement de cadres et cadres supérieurs, l’évaluation des compétences… Nous avons également développé un métier de l’événementiel RH pour accompagner les entreprises dans la conception de leurs événements de cohésion interne (team building, conventions de cadres…). Enfin, pour accompagner la carrière des professionnels, l’Institut des Ressources Humaines, filiale de DIORH, déploie des cycles de formation dans le domaine du management, du développement professionnel et des Ressources Humaines, avec l’apport d’un réseau de professionnels reconnus au niveau national et international.

    Infomediaire : Comment se porte aujourd’hui le secteur du conseil RH au Maroc?

    Essaid Bellal :  Malgré une présence bien ancrée et relativement pérenne, le conseil RH reste peu structuré en général et reste sujet à beaucoup de perturbations. Du fait d’une absence totale de protection, ce domaine reste malheureusement ouvert au tout venant. En dépit de la présence de quelques enseignes de qualité qui investissent réellement dans le développement et la structuration de ce métier au Maroc, beaucoup restent intéressés uniquement par la partie commerciale et relationnelle au dépend des apports techniques et conceptuels du métier.
    Le métier a encore beaucoup d’opportunité et d’avenir au Maroc, à condition qu’il se structure et intègre des pratiques de niveau international dans ses méthodes et démarches et impose une déontologie connue et respectée de tous.
    Comme l’indique notre récente enquête sur la fonction RH, les Ressources Humaines constituent au sein des grandes entreprises et chez certaines PME un levier de différentiation compétitive de plus en plus investi. De nombreux DRH expriment à cet égard un besoin croissant d’accompagnement dans le déploiement d’outils et de dispositifs de pilotage des RH. Les cabinets de conseil sont à cet égard de plus en plus sollicités. Le défi cependant pour ce métier est de passer d’une dimension ‘boîte à outil’ à une dimension d’accompagnement stratégique
     
    Infomediaire : Comment qualifiez-vous l’évolution de la fonction RH au Maroc ?

    Essaid Bellal : A mon avis, durant toute l’histoire du développement de la fonction RH de la fin du 19ème siècle à aujourd’hui, et en particulier depuis son apparition au Maroc dans les années 50, la fonction RH a toujours été marquée par une dialectique entre la dynamique économique du pays et l’évolution des relations professionnelles. Plus une société évolue vers plus  de droit, de transparence et d’équité, plus les rapports sociaux se détendent et deviennent légitimes et incontournables. Au Maroc, la fonction dans sa dénomination actuelle n’a vu le jour que vers la moitié des années 80. Depuis cette date, une dynamique nouvelle s’est enclenchée et a permis à la fonction une évolution remarquable. Cependant, cette dynamique  ne concerne qu’une partie du tissu industriel national, constituée pour l’essentiel de multinationales, de grandes entreprises publiques nationales et de quelques entreprises privées, grandes ou moyennes. De ce fait, comme dans beaucoup de domaines, la fonction RH recouvre des réalités très diverses au Maroc, avec des niveaux de structuration et des pratiques de gestion très différents.

    Infomediaire : Quels sont d’après vous les profils les plus  « monnayables »  dans le marché de l’emploi aujourd’hui ? et quels sont les secteurs qui représentent le plus d’opportunités d’emploi au Maroc?

    Essaid Bellal  Le monde de l’entreprise a beaucoup évolué ses deux dernières décennies et impose de nouvelles exigences particulièrement sur le volet comportemental et des ‘soft skills’. Ainsi, les « profils » les plus monnayables et employables sur le marché de l’emploi aujourd’hui sont ceux qui ont bien su développer  leur polyvalence, leur flexibilité, leur capacité à s’intégrer rapidement dans un nouvel environnement, à maîtriser au moins deux à trois langues et la maîtrise des compétences réelles demeure un préalable important dans leurs domaines de prédilections. Concernant les secteurs, ce seront d’abord ceux pour lesquels le Maroc a massivement investi en matière de réglementation, d’infrastructure, de compétences qui restent les plus porteurs, en plus des secteurs qui font appel aux nouvelles technologies et ceux estampillés développement durable dont l’Etat encourage le développement à travers un certain nombre d’incitations réglementaires et fiscales.

    Infomediaire : Comment voyez-vous, en tant qu’expert, le marché du conseil et de l’emploi au Maroc pour les années à venir ?

    Essaid Bellal  Pour répondre à cette question disons d’abord que malgré une conjoncture difficile et qui dure dans le temps, il faut savoir rester optimiste et serein tout en étant réaliste dans ses prises de décision.
    Le marché du conseil et de l’emploi est très corrélé à l’activité économique du pays mais avec un effet amplificateur positif en cas de conjoncture porteuse et négatif en cas en situation de crise.
    Par conséquent, à valeur d’aujourd’hui, les perspectives du marché semblent difficiles. Intrinsèquement, l’économie marocaine et les entreprises au Maroc ont un besoin vital en termes de structuration et d’organisation. Dans ce cadre, le conseil RH doit lui aussi se structurer et faire évoluer sa pratique et sa déontologie pour répondre aux besoins futurs particulièrement lorsque la conjoncture redeviendra favorable.
     

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