KENZA fait son cinéma – Aisha can’t fly away

Genre : Fantastique
Durée : 131’
Pays : Egypte, France, Allemagne, Tunisie, Arabie Saoudite, Qatar, Soudan
Réalisateur : Morad Mostafa
————
Plus de 1,5 million de Soudanais ont fui la guerre et se sont installés en Égypte. Un départ difficile et une arrivée pas plus tranquille.
Au quotidien, ils sont confrontés à des violences perpétrées par les populations locales et à des discriminations installées par le système lui-même. Ils vivent dans des conditions atroces et subissent de nombreuses pressions.

C’est face à ce constat que le jeune réalisateur égyptien, Mora Mostafa, décide de faire ce film.
Il met en scène une réfugiée soudanaise, Aisha, âgée de 26 ans.
Elle enchaîne les missions d’intérim à domicile pour venir en aide aux personnes âgées.
Elle fait la cuisine, le ménage, les soins médicaux et plus si le client demande…
Ce n’est pas faute d’avoir essayé de se plaindre à son supérieur qui lui a rétorqué « Ce n’est pas à toi de choisir, tu obéis et bass ! ».
Elle est réduite à une condition de soumission totale que ce soit dans le cadre professionnel, dans la sphère amoureuse ou même face à la société dans son quartier.

Ses journées semblent interminables, elle est toujours en mouvement du matin au soir. Même à l’heure du coucher, elle n’a pas la paix.
Vivant dans un quartier populaire où un gang dicte les règles, sous sa fenêtre, elle assiste impuissante au trafic de drogues, à la maltraitance et la prostitution des siens, aux démonstrations de violence et aux règlements de compte.
D’ailleurs, pour bénéficier de la protection du chef de gang, elle doit lui rendre quelques services.
C’est déjà trop pour une jeune femme, mais ce n’est pas fini, car même dans sa vie amoureuse, rien ne va.
Elle entretient une relation avec un cuisinier égyptien qui nourrit son ventre, mais pas son âme. Trop faible pour l’imposer au sein de sa famille, il préfère la fuite.

Comment rester stoïque face à cette vie ? Le choix du masque de Batman n’est pas anodin.
Ce super-héros connu de tous, est un riche héritier qui utilise sa fortune pour combattre la criminalité.
Certes, Aisha n’a pas de fortune, mais son imaginaire lui permet d’avoir ce super-pouvoir pour asseoir une égalité et nettoyer les rues du Caire.

En effet, Aisha n’a que ses rêves pour prendre sa revanche. Elle visualise une autruche qui vient rendre justice à chacun de ses problèmes.
Majestueuse, l’animal aide Aisha à évacuer toute la tension cumulée.
Ses interventions donnent à chaque fois lieu à une violence diamétralement opposée au caractère doux de Aisha.
Morad Mostafa a choisi cette allégorie, car l’Autriche est un animal sur la défensive, d’apparence inoffensif qui peut devenir très féroce. Ses interventions sont à la hauteur des violences ordinaires subies par les Soudanais.

Morad n’a pas peur de choquer au contraire. Il n’hésite pas à montrer des choses abjectes sans chercher à les atténuer comme cette scène de cannibalisme ou la transformation épidermique de Aisha.
Il veut choquer, marquer l’esprit des spectateurs.
Son objectif est qu’à travers les scènes violentes, le public ressente toute la rage d’Aisha.
Un pari réussit. C’est indéniablement le film le plus perturbant de la sélection. Un genre particulier qui demande d’avoir l’estomac solide et du temps.

KENZA YARHFOURI

Abonnez-vous à notre newsletter Abonnez-vous à notre newsletter
Rejoignez la communauté des entrepreneurs

Rejoignez-nous sur WhatsApp
Rejoignez-nous sur telegram
Suivez-nous sur Google News