Genre : Drame
Durée : 118’
Pays : Philippines, Australie
Réalisateur : James J. Robinson
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La première scène du film commence dans l’obscurité la plus totale et les premières lueurs apparaissent grâce aux bougies qu’allument les nonnes pour s’éclairer. On comprend qu’une panne est survenue et il semblerait que ça ne soit pas la première. Quand le jour se lève, on voit l’état du couvent qui leur sert de logement. Une bâtisse en ruine de plus de 400 ans qui résiste qu’avec la seule volonté du Seigneur. Le vœu de pauvreté est largement respecté !
Sœur Yolanda a consacré sa vie à Dieu et à l’institution catholique. Elle a abandonné la vie des hommes pour mettre toute son énergie à prier et aider son prochain. Pieuse, elle a une routine bien huilée. Prière du matin avec les sœurs, petit-déjeuner, puis missions en dehors du couvent.
Elle prend les transports publics pour se rendre à l’hôpital et veille sur les malades. Puis, elle soulage la mère d’une riche et fervente catholique dont le mari est un mécène influent de l’église. Ce dernier propose souvent à Sœur Yolanda de la raccompagner en voiture. De retour auprès de sa communauté, elles prient et soupent toutes ensemble.
Une vie résignée ponctuée par la bienveillance, la foi et l’entraide. Cette tranquillité va être chamboulée par la mort d’un jeune ouvrier dans le chantier de construction de l’autoroute. Une mort suspecte, mais qui ne semble intéresser personne. Le sacrément par l’église lui est même refusé. Face à cette injustice, Sœur Yolanda va avoir des doutes sur les principes éthiques de l’institution et son adhésion totale va commencer à s’ébranler. Elle voit que même face à la mort, les membres de sa communauté ne sont pas égaux.
Pour l’un, l’église va tout mettre en place pour l’honorer alors que l’autre ne sera même pas considéré.
Souvent, dans le film, les personnages font référence à une odeur nauséabonde et expliquent qu’il s’agit d’une sorte de pourriture de l’air qui survient après la pluie et à cause de l’humidité ambiante. On peut aussi y voir une illustration des actes malveillants que les Hommes continuent à perpétuer.
James J. Robinson fait intégralement partie de cette nouvelle génération de réalisateur. À 30 ans, il présente avec ce film son premier long-métrage. Il explique qu’il a grandi avec la technologie et les réseaux sociaux qui poussent à être en colère, aussi, il a décidé de montrer une autre facette avec un film gentil et doux. D’origine philippine, il a décidé de se reconnecter à ses ancêtres pour retrouver les valeurs d’optimisme, de grâce et de bonté.
Pour son premier film, James a fait long. Près de deux heures pour nous proposer des séquences à tiroirs et des sujets à méditer. L’intrigue en fil rouge n’est pas assez exploitée pour tenir en haleine. Le message se noie dans les séquences de natures et les rappels de la vie isolée que mènent ces nonnes. En plus de la sympathie qu’on ressent indéniablement pour Sœur Yolanda, on éprouve aussi un penchant pour la jeune Sœur Arlène, qui suit le chemin de l’apprentissage avant sa confirmation. On note ses doutes jusqu’à sa prise de décision à la fin du film.
Le film possède de jolis moments de poésie, mais je suis passée à côté. C’est un film expérimental, où on ne peut qu’encourager le réalisateur qui s’est entouré de jeunes ; producteurs, monteurs ou encore décorateurs pour faire ce film. Ils ont démontré leurs talents dans chacune de leur discipline. Par contre, ils ont oublié le spectateur. À voir comment le jury l’a accueilli. Verdict samedi !
Kenza Yarhfouri
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