KENZA fait son cinéma – Straight circle

Genre : Comédie
Durée : 108’
Pays : Royaume-Uni
Réalisateur : Oscar Hudson
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Dès le titre du film, Oscar Hudson marque son univers décalé. Pour son 1er long-métrage, Oscar s’empare d’un genre difficile à réaliser, la comédie. Pas n’importe quelle comédie celle qui fait grincer les dents et prend son départ sur des histoires tellement absurdes qu’elles pourraient être vraies ! C’est là, la clé de sa réussite.
Sur le fil du rasoir, ils enchaînent des scènes grotesques interprétées par des personnages touchants et caricaturaux magnifiquement joués par les frères Tittensor, Luke et Elliot. Le film entier repose sur leur rôle respectif et c’est une paire de jumeaux qu’a casté Oscar pour défendre à merveille son point de vue.

Dans une parcelle de terrain fort fort lointaine, un cessez-le-feu est signé et pour le maintenir, un poste de surveillance a été placé entre les deux frontières. Les deux pays limitrophes ont chacun laissé derrière eux un militaire, gardien de cette paix fragile.

Chacun de son côté, Arthur et Capitaine Warne montent la garde et partagent le même abri pour manger et dormir. Pour marquer cette dualité, Oscar a crayonné de nombreuses pages blanches pour ensuite tourner et monter des scènes en split-screen qui révèlent la perspective de chacun des personnages et les campent dans leur présupposé différence. C’est dans un dortoir minimaliste planté au milieu de nulle part que la guerre va repartir de plus belle.

Au départ, tout semble les séparer. Ils sont ennemis. Ils répondent au service de pays opposé, tous les séparent ; leur drapeau, leur hymne, leur culture, leur caractère, leur apparence, et même la vision qu’ils portent à leur mission. Puis, le temps passe et leur différence se réduisent jusqu’à disparaître complétement. Ils apprennent à se connaître, se trouvent des similarités dans leur passé et développent de la compassion l’un pour l’autre. Leurs certitudes de départ s’écroulent, ils ne savent plus pourquoi ils sont ennemis et une franche camaraderie semble s’installer jusqu’à avoir un effet miroir des deux soldats. Ils acceptent de se ressembler et semblent en paix avec cette idée. Là aussi, la paix semble fragile quand on est sous les ordres d’autorité supérieure.

Cette dualité, Oscar l’a aussi voulu dans la construction de son scénario. L’histoire évolue dans deux sphères opposées. On commence sur des airs de Monty Python pour finir sur un drame psychologique.
C’est le film qui incarne le mieux la mission du festival, par sa forme audacieuse et sa narration rythmée. Oscar brouille les pistes entre le réel et la fiction. En utilisant un humour cinglant, il dénonce l’absurdité de la guerre et critique la raideur des corps armés. Des soldats utilisés comme de la chair à canon, sacrifiés au nom de visions politiques changeantes et corrompues et laissant des traces indélébiles sur les populations, grandes victimes de ces mascarades. Indéniablement, c’est le film qui propose la forme la plus originale de la compétition. On sent le travail derrière et l’humour british du réalisateur.

KENZA YARHFOURI

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