(www.infomediaire.ma) – Le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) a décidé, ce mardi à Rabat, de maintenir inchangé le taux directeur à 3%, lors de sa réunion trimestrielle à Rabat.
"Tenant compte d’une prévision centrale de l’inflation en ligne avec l’objectif de stabilité des prix dans un contexte marqué, malgré un début de reprise des activités non agricoles, par des incertitudes tant au niveau interne qu’externe, le Conseil a décidé de maintenir inchangé le taux directeur à 3 pc, tout en continuant à suivre de près l’ensemble de ces évolutions", a indiqué le Wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, qui intervenait lors de la réunion trimestrielle de la Banque centrale.
Le taux de croissance devrait ressortir à 4,5% avec une hausse de 14,6% de la valeur ajoutée agricole et une progression du PIB non agricole limitée à 3,3%, selon les prévisions de Bank Al-Maghrib.
"Pour 2016, la croissance a été revue à la baisse à 2,1% avec une décélération de sa composante non agricole à 2,7% et une contraction de la valeur ajoutée agricole de 4,3% sous l’hypothèse d’une production céréalière moyenne", a estimé la Banque centrale dans un communiqué publié à l’issue de cette réunion.
Quant à l’inflation devrait s’établir à 1,6% en moyenne en 2015 et à 1,2% en 2016, selon les prévisions de Bank Al-Maghrib.
Ces prévisions ne tiennent pas compte toutefois de la décompensation du sucre annoncée à partir du 1er janvier 2016 et dont l’impact sur l’inflation est estimé à 0,27 point additionnel en 2016 et à 0,48 point au 1er trimestre 2017, explique la Banque centrale.
Rérospective
Jouhari a souligné que l’inflation devrait s’établir à 0,9% en 2014, avec une moyenne de 1,3% sur l’horizon de prévision, ajoutant qu’elle se situerait à 1,5% au terme de cet horizon, soit le 3ème trimestre 2015, alors que l’inflation sous-jacente devrait rester en deçà de 2%.
En outre, le gouverneur de BAM a souligné que ces prévisions d’inflation tiennent compte des décisions prises récemment par le Gouvernement concernant les subventions unitaires de certains produits pétroliers et la hausse du SMIG et du salaire minimum dans la fonction publique.
Pour ce qui est du taux de croissance, il devrait se situer entre 2,5 et 3% en 2014, sous l’effet d’une baisse de la valeur ajoutée agricole, tandis que le rythme de progression des activités non agricoles devrait s’améliorer pour s’établir autour de 4%, précise Jouahri.
Au titre de 2013, il a relevé que la croissance s’était établie à 4,4%, tirée par la progression de 19% de la valeur ajoutée agricole, alors que sa composante non agricole a décéléré à 2,3% contre 4,4% en 2012.
Concernant le marché du travail, la situation s’est dégradée au 1er trimestre, a constaté Jouahri, informant que le taux de chômage s’était accru de 0,8 point de pourcentage à 10,2%.
"Dans ces conditions, l’output gap non agricole devrait continuer, selon les estimations de BAM, à évoluer à des niveaux négatifs au cours des prochains trimestres, présageant ainsi de l’absence de tensions inflationnistes émanant de la demande", a-t-il fait savoir.
Sur le front des finances publiques, Wali de BAM a relevé que le déficit s’est établi à 30,7 milliards de dirhams (MMDH) à fin avril dernier au lieu de 20,3 MMDH à la même période en 2013.
Il a imputé cette évolution à l’augmentation de 10,3% des dépenses globales, suite à une progression de 50,1% de celles d’investissement, alors que les charges de compensation se sont inscrites en repli de 5,5%.
En parallèle, les recettes ordinaires ont reculé de 0,1% en raison de la diminution de 23,7% de recettes non fiscales, le produit fiscal ayant progressé de 2%, suite notamment à la hausse de 11,2% des rentrées au titre de l’IS.
Selon les projections de la loi de finances 2014, le déficit budgétaire devrait se situer, à fin décembre 2014, à 4,9% du PIB après 5,5% en 2013.
Jouahri n’a pas manqué de souligner la reprise de la croissance à l’échelle internationale, abstraction faite des Etats-Unis qui ont connu une décélération, liée à des conditions hivernales plus rudes qu’à l’ordinaire.
"La reprise s’est poursuivie dans les principaux pays avancés, en particulier dans la zone euro où la croissance est passée de 0,5% à 0,9% au 1er trimestre. En revanche, dans les principaux pays émergents, l’activité a de nouveau ralenti en Chine et au Brésil et s’est stabilisée en Inde", a-t-il dit.
Pour ce qui est des perspectives, les dernières projections du FMI font état d’une poursuite de l’amélioration dans les pays avancés et d’un ralentissement dans les économies émergentes.
Par ailleurs, au cours de cette réunion, le Conseil a analysé et approuvé le Rapport annuel sur la situation économique, monétaire et financière du pays, ainsi que sur les activités de la Banque au titre de l’exercice 2013.
Il a également examiné l’évolution récente de la situation économique, monétaire et financière, ainsi que les prévisions d’inflation à l’horizon du 3ème trimestre 2015.
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