Accueil Inondations à Guelmim et Sidi Ifni : Le verdict de Zurich Assurance

    Inondations à Guelmim et Sidi Ifni : Le verdict de Zurich Assurance

    (www.infomediaire.ma) – Le Maroc a enregistré, entre 1951 et 2015, pas moins de 35 épisodes d’inondations. Par le passé, les crues permettaient d’irriguer les régions arides selon des pratiques ancestrales d’épandage d’eau. Mais avec la forte croissance démographique et le développement des infrastructures, ces crues génèrent des inondations qui constituent des menaces pour les populations locales. En plus, le savoir-faire local permettant de gérer ce type de situation a disparu avec le temps. Ces constats ont été tragiquement illustrés par les inondations mortelles que le sud du Maroc a connues en novembre 2014.

    Ces événements font l’objet d’une étude publiée par Zurich Insurance Group établie dans le cadre de son alliance pour la résilience aux inondations, sur la base de recherches de terrain conduites par Targa-AIDE, une organisation non gouvernementale marocaine. Les enseignements tirés de cette étude sont utiles, en principe, au-delà de la situation spécifique au Maroc. Les résultats obtenus peuvent certainement contribuer aux efforts déployés dans d’autres pays pour améliorer la résilience aux inondations.

    Ce cas d’étude au Maroc illustre la manière dont le monde change actuellement et montre l’impact exercé par ce changement sur les risques d’inondation. Avec l’urbanisation du pays, les crues qui auparavant avaient un impact positif par l’irrigation qu’elles permettaient, constituent désormais une menace pour les populations vivant dans des régions arides et semi-arides où les oueds ou wadis, généralement asséchés, sont capables de se transformer rapidement en torrents déchaînés.

    Les inondations qui font l’objet de cette étude ont eu des conséquences dévastatrices dans les régions du sud du Maroc : 47 personnes ont perdu la vie et un nombre incalculable d’autres personnes ont souffert de conséquences à long terme, tant matérielles que psychologiques, en raison des dommages causés à leurs habitations, aux infrastructures de base et aux réseaux de communication et de service public.

    Plusieurs mois après les inondations, les dommages causés, notamment aux réseaux d’assainissement, continuent d’affecter le quotidien et le bien-être des survivants.

    Dans le cadre de leurs recherches, les équipes de terrain ont notamment interrogé des habitants et des acteurs administratifs et politiques ayant participé aux interventions d’urgence et à la reconstruction, tout en collectant des informations permettant de cerner les causes ayant contribué à l’ampleur des impacts de ces inondations. Les résultats de cette étude fournissent des orientations et des recommandations susceptibles d’améliorer la résilience dans la région et de réduire sa vulnérabilité.

    L’étude de ces inondations et des interventions qui ont eu lieu, s’est penchée en particulier sur le cas de deux villes: Guelmim et Sidi Ifni. La ville de Guelmim et ses environs a été la plus touchée par la première vague d’inondations, enregistrant plus de 30 décès. Alertées par la tragédie de Guelmim, les Collectivités Locales de Sidi Ifni, qui a été particulièrement touchée par la seconde vague des précipitations, ont eu le temps de prendre des mesures qui ont permis d’éviter de grandes pertes humaines. Malgré cela, les infrastructures vitales de la région ont subi des dommages considérables qui affectent encore aujourd’hui les habitants.

    Cette étude montre comment l’Etat marocain déploie des efforts visant à améliorer ses procédures et l’efficacité de ses interventions de réponse aux catastrophes. Un financement supplémentaire est actuellement mis en place, ce qui devrait contribuer à plus investir dans des solutions structurelles et non structurelles de résilience. Le CAS-FLCN (Fonds de Lutte Contre les effets des catastrophes Naturelles) est un moyen que l’Etat marocain a mis en place pour subventionner des mesures visant la gestion centrale et locale des catastrophes naturelles. Ce fonds a pour objectif de financer des projets visant à renforcer la protection des personnes vulnérables et des infrastructures immobilières à risque. Il vise également à améliorer la résilience du pays aux catastrophes.

    Il est également important de noter qu’au Maroc, jusqu’à ces derniers événements, l’attention portée à la prévention et l’atténuation des risques à long terme restait limitée. Une grande partie des efforts déployés se concentraient sur la manière de réagir aux événements une fois qu’ils se sont produits. Les enseignements tirés de cette étude ont permis notamment de voir que les événements de novembre 2014 ont peut-être contribué à changer l’état d’esprit dans le pays, en orientant désormais l’attention sur l’atténuation des risques, plutôt que sur la réponse à la crise lorsqu’elle se produit.

    L’étude émet également des recommandations pour renforcer la résilience de la zone concernée et du pays aux inondations: la première priorité serait de mettre en place des systèmes d’alerte précoce dans les régions méridionales du Maroc. Dans un second temps, il s’agirait d’améliorer les données disponibles, les cartes de zones inondables et les prévisions météorologiques en vue d’améliorer la résilience.

    Au-delà du cas du Maroc, de nombreux autres pays doivent renforcer leur résilience aux inondations. Pour ce faire, il est nécessaire d’intervenir sur les causes des inondations qui répondent au concept dit des "Cinq C" (les cinq capitaux que les communautés peuvent valoriser pour en tirer parti). Si ce concept est adopté, il peut aider ces pays à être mieux armés pour faire face aux inondations et améliorer leur résilience.

    Toute approche envisagée devra être basée sur des concepts innovants et sur une volonté d’intervention directement sur les causes des problèmes. Pour une politique publique efficace en matière de gestion des risques des catastrophes naturelles, l’ouverture au changement est nécessaire.

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