La CAN 2025 et la Coupe du Monde 2030 ne seront pas de simples rendez-vous sportifs pour le Maroc. Elles s’imposent déjà comme les catalyseurs d’une transformation nationale sans précédent. Réunis mercredi 21 mai au Complexe Mohammed VI de football à Maâmoura, à l’initiative conjointe de la CGEM et de la FRMF, plusieurs ministres ont exposé les contours d’un projet d’envergure, où l’excellence sportive côtoie l’ambition économique, éducative et sociale.
Au cœur des déclarations marquantes de cette rencontre, celle de Mohamed Saad Berrada, ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, a donné le ton. « Tout sera prêt pour la CAN », a-t-il affirmé d’emblée, rappelant que le ministère qu’il dirige assure la maîtrise d’ouvrage de l’ensemble des stades en construction.
Une réalisation 100 % marocaine
Il a mis en avant la performance des équipes mobilisées, soulignant que ces infrastructures ont été réalisées dans un temps record. « C’est une réalisation 100 % marocaine, avec des budgets importants, et surtout dans des délais exceptionnellement courts », a-t-il insisté. À ce jour, vingt milliards de dirhams ont été engagés pour la phase préparatoire, et dix milliards supplémentaires seront investis dans la durée, en perspective du Mondial 2030.
Berrada a également rappelé que le ministère continuera de jouer un rôle central après la livraison des stades. « En tant que tutelle de la Sonargès, nous allons assurer la gestion et la maintenance de ces infrastructures jusqu’en 2030 », a-t-il précisé. L’objectif est d’en garantir la pérennité, mais aussi de mobiliser les entreprises et les partenaires nécessaires pour répondre aux exigences en matière de sécurité, de logistique et de connectivité.
Le ministre a enfin salué la coordination interinstitutionnelle en cours. « Nous travaillons main dans la main avec tous les acteurs concernés pour que l’organisation de la CAN et du Mondial se fasse dans les meilleures conditions possibles. »
Dans le sillage de cette mobilisation, Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, a insisté sur l’enjeu industriel que représentent la CAN 2025 et le Mondial 2030 pour le tissu productif national. Il a plaidé pour une lecture plus souple et plus inclusive des cahiers des charges dans l’attribution des projets. « Il faut veiller à ce qu’il y ait plus de compréhension dans les appels d’offres. Certains établissements publics le font déjà, mais il faut aller plus loin dans l’intégration du tissu industriel marocain », a-t-il déclaré.
Le ministre a exhorté les chefs d’entreprise à investir avec audace et à relever le défi de la qualité. « Donnez des produits compétitifs, battez-vous avec nous. C’est une phase transformative. On sera à vos côtés pour adapter les cahiers des charges si besoin. Mais il faut monter en qualité, innover, croire en vos capacités », a-t-il martelé, en soulignant que ces échéances doivent aussi permettre aux PME et startups marocaines de se positionner durablement sur des marchés internationaux.
Le tourisme marocain prêt à changer d’échelle
Le secteur du tourisme s’apprête, lui aussi, à prendre un tournant stratégique. Fatim Zahra Ammor, ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, a rappelé les performances exceptionnelles enregistrées en 2024, avec 17,4 millions de visiteurs. « Sous le leadership de Sa Majesté le Roi, le tourisme marocain a connu une évolution spectaculaire. Nous sommes aujourd’hui en tête des destinations africaines », a-t-elle affirmé.
La Coupe du Monde 2030, selon elle, représente une opportunité historique pour franchir un cap. « Nous nous attendons à accueillir entre un et deux millions de visiteurs supplémentaires grâce à cet événement. Les retombées économiques seront considérables, et près de 40 % concerneront le secteur touristique », a-t-elle précisé.
La ministre a également mis en avant la portée médiatique mondiale du tournoi, avec une audience télévisée estimée à plus de cinq milliards de téléspectateurs. « C’est une visibilité sans précédent pour notre pays. Aujourd’hui, nous travaillons à la fois sur la montée en puissance des capacités d’hébergement et sur l’animation culturelle et touristique. On veut que nos visiteurs repartent avec une expérience forte et positive du Maroc », a-t-elle conclu.
Un appel à la mobilisation du secteur privé
Du côté du patronat, Chakib Alj, président de la CGEM, a salué la mobilisation exceptionnelle du Royaume autour de ces deux échéances. Il a évoqué un effort d’investissement public inédit, estimé à 1000 milliards de dirhams d’ici 2030, soit l’équivalent du PIB annuel du pays. « Cette dynamique va nous faire gagner des années de développement. C’est une occasion historique d’accélérer les grands projets structurants, comme le doublement du réseau autoroutier, l’expansion de la LGV, la mise en place du RER, l’extension des aéroports, ou encore la couverture 5G de 70 % du territoire », a-t-il affirmé.
Pour lui, la réussite passe par la préparation immédiate des entreprises marocaines, en particulier les TPME. « La Coupe du Monde a lieu dans cinq ans, mais les appels d’offres et les chantiers se préparent dès aujourd’hui. Le mot d’ordre, c’est l’anticipation. Nous devons agir pour que les entreprises locales soient prêtes, structurées et formées », a-t-il déclaré.
Chakib Alj a également mis l’accent sur l’après 2030. « Nous ne construisons pas tout cela pour quelques semaines. Il faut développer un écosystème performant, avec une offre globale en hôtellerie, en restauration, en culture, en centres de conférence. Il faut que cette dynamique soit pérenne, bien au-delà des événements », a-t-il conclu.
F.R
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