Des ministres africains des Finances ont souligné, mercredi à Rabat, que l’accélération de l’investissement privé en Afrique nécessite un environnement propice à la croissance des entreprises et au développement durable.
Intervenant à l’occasion de l’édition 2025 de l’Africa Investment Forum (AIF), qui se tient jusqu’au 28 novembre sous le thème « Réduire les écarts : mobiliser le capital privé pour libérer tout le potentiel de l’Afrique », ces ministres se sont accordés sur l’importance de réformes structurelles pour renforcer la confiance des investisseurs, sécuriser les transactions et créer des environnements des affaires compétitifs, stables et transparents.
À cette occasion, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a mis en l’accent sur l’impératif de concevoir des projets à forte capacité d’exécution afin de répondre à l’échelle recherchée par les investisseurs internationaux.
Elle a précisé que certains secteurs, tels que l’aviation, l’énergie et les centres de données, devraient bénéficier d’approches coordonnées et mutualisées à l’échelle continentale pour attirer des capitaux de grande envergure.
En outre, Mme Fettah est revenue sur la politique de change du Maroc qui est considérée comme facteur de confiance, rappelant l’ajustement du panier de devises en 2015 et l’élargissement progressif de la bande de fluctuation du dirham en 2018 et 2020.
Selon elle, cette stratégie repose sur une coordination soutenue s’appuie sur des fondamentaux macroéconomiques solides, une coordination étroite entre les politiques publiques et celles de la Banque Centrale, et permet désormais de maintenir des réserves équivalentes à 5,5 mois d’importations.
De son côté, la ministre de l’Économie, du Plan et du Développement de la Côte d’Ivoire, Kaba Nialé, a salué le thème de cette édition du AIF qui intervient dans un contexte marqué par la baisse du financement social, estimant qu’il devient une responsabilité collective pour l’Afrique de s’assurer que le financement privé soit adapté aux besoins.
Elle a mis en avant les efforts déployés par la Côte d’Ivoire depuis 2012 pour mobiliser les investissements privés, notamment à travers la révision du code des investissements en 2018 rendu plus attractif.
Pour sa part, le ministre du Plan et de la Coopération internationale de Guinée, Ismael Nabé, a illustré l’importance du partenariat public-privé à travers le projet intégré minier de Simandou, d’une valeur de 30 milliards de dollars, mobilisant des partenaires d’Afrique, d’Asie, d’Europe, d’Amérique et du Moyen-Orient.
Ce projet comprend la construction d’un chemin de fer de 650 kilomètres et d’un port multi-usagers, permettant de relier le sud et le nord du pays et de connecter la Guinée à ses voisins, renforçant ainsi l’intégration économique régionale.
Par ailleurs, le ministre des Affaires économiques et du Développement de Mauritanie, Abdallah Souleymane Cheikh-Sidia, a axé son intervention sur l’urgence du défi démographique en Afrique, rappelant qu’en 2050, le continent comptera une population active équivalente à celle combinée de la Chine et de l’Inde aujourd’hui.
Les investissements publics nécessaires ne peuvent être assumés exclusivement par les États africains en raison des limites de financement et du risque d’éviction du secteur privé, a-t-il expliqué.
Ont également pris part à ce dialogue des ministres des Finances, qui a été initié sous le thème « Accélérer l’investissement privé grâce à des environnements favorables », le ministre des Finances et du Plan de Zambie, Situmbeko Musokotwane, et le ministre des Finances d’Éthiopie, Ahmed Shide.
Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l’AIF 2025 constitue une plateforme d’investissement visant à faciliter les investissements internationaux en Afrique en réunissant les promoteurs de projets, les financiers, les gouvernements ainsi que d’autres parties prenantes clés, dans l’objectif de conclure des transactions.
Le forum est dirigé par la BAD et six autres partenaires fondateurs, à savoir Afreximbank, la Société financière africaine, Africa50, la Banque arabe pour le développement économique en Afrique, la Banque de développement d’Afrique australe et la Banque du commerce et du développement.
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