Fiscalité internationale : Rabat réunit l’Afrique autour des grands défis fiscaux de demain

Rabat accueille cette semaine la 11e édition du Symposium Fiscal Africain, un rendez-vous continental consacré aux mutations de la fiscalité internationale et à leurs implications pour les économies africaines. Organisée pour la première fois dans un pays d’Afrique du Nord, cette rencontre se tient sous le thème : « Tendances de la fiscalité internationale : une perspective africaine ».

Mis en place en partenariat avec la Direction générale des impôts (DGI), l’événement rassemble pendant trois jours des représentants des administrations fiscales, des ministères des Finances, du secteur privé, du monde universitaire ainsi que de plusieurs organisations internationales. L’objectif est de réfléchir aux moyens permettant au continent africain de renforcer sa place dans la gouvernance fiscale mondiale.

Lors de la séance d’ouverture, Belema Obuoforibo, présidente du Centre d’études sur la fiscalité africaine (CSAT) et membre du Conseil exécutif de l’IBFD, a souligné l’importance de développer des réponses africaines adaptées aux évolutions rapides du système fiscal international. Elle a notamment évoqué les débats en cours autour du multilatéralisme fiscal, de la mise en œuvre de l’impôt minimum mondial ainsi que des négociations menées sous l’égide des Nations Unies pour l’élaboration d’un cadre international de coopération fiscale.

La responsable a également insisté sur les opportunités offertes par l’intelligence artificielle dans la modernisation des administrations fiscales. Selon elle, ces technologies pourraient améliorer les capacités d’analyse, de contrôle et de gestion des recettes publiques, tout en nécessitant une vigilance accrue face aux nouveaux risques qu’elles peuvent engendrer.

De son côté, Jan Maarten Slagter, directeur général de l’IBFD, a mis en avant la place croissante du Maroc dans les échanges internationaux. Il a estimé que le Royaume illustre la dynamique de transformation économique observée en Afrique du Nord et son intégration progressive dans les chaînes de valeur mondiales. Il a également rappelé l’ambition du Maroc de consolider son positionnement comme carrefour stratégique entre l’Europe, l’Afrique et le reste du monde.

Les organisateurs ont par ailleurs insisté sur la nécessité pour les pays africains de participer activement à l’élaboration des futures règles fiscales internationales, plutôt que de se limiter à leur application. Cette approche vise à garantir une meilleure prise en compte des réalités économiques du continent dans les mécanismes de gouvernance mondiale.

Le programme du symposium comprend huit sessions thématiques portant notamment sur la fiscalité des services transfrontaliers, les prix de transfert, les conventions fiscales, les enjeux liés au commerce et à l’investissement ainsi que l’évolution des administrations fiscales à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle. Une session spéciale consacrée au Maroc abordera également les mécanismes de prévention et de règlement des litiges fiscaux.

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