À plusieurs milliers de kilomètres du Royaume, entre végétation tropicale et rives paisibles du lac de Putrajaya, un édifice transporte les visiteurs au cœur du patrimoine architectural marocain. Baptisé Astaka Morocco, ce pavillon constitue l’une des attractions les plus singulières de la capitale administrative malaisienne.
Installé au sein du vaste Jardin botanique de Putrajaya, le site s’étend sur près de 6.880 m², dont environ 1.670 m² de surface bâtie. Derrière ses façades monumentales, ses arcs en fer à cheval et ses cours ornées de bassins se dévoile un condensé du savoir-faire artisanal marocain.
Le projet a vu le jour au début des années 2000, dans un contexte marqué par l’essor de Putrajaya et l’accueil, en 2003, du sommet de l’Organisation de la coopération islamique par la Malaisie. L’objectif était alors de mettre en lumière une expression architecturale encore peu connue en Asie du Sud-Est, où les influences moyen-orientales et d’Asie centrale sont davantage représentées.
Pour donner vie au pavillon, des maîtres artisans marocains ont été mobilisés entre 2003 et 2006. Spécialistes du zellige, du bois sculpté et du plâtre ornemental ont travaillé sur place selon des techniques traditionnelles, en utilisant notamment des matériaux importés du Royaume.
L’ensemble puise également dans l’héritage andalou, avec des références à l’Alhambra de Grenade et au palais de l’Aljafería de Saragosse. Cette rencontre d’influences se traduit par une succession d’arcades, de frises finement sculptées, de motifs géométriques et de bandeaux calligraphiques.
Six galeries pour voyager à travers le Royaume
Organisé autour de trois cours, Astaka Morocco abrite six espaces thématiques consacrés à Fès, Marrakech, Rabat, Meknès, Essaouira et l’Atlas.
Chaque galerie décline une facette particulière du patrimoine marocain. La salle de Fès met à l’honneur le zellige fassi à travers des compositions mêlant bleu, vert et ocre. Celle de Marrakech reprend les nuances rosées associées à la ville ocre, tandis que l’espace dédié à Rabat se distingue par ses décors en bois sombre et sa voûte en muqarnas.
La galerie de Meknès privilégie des tonalités plus sobres et recrée l’atmosphère d’un salon marocain traditionnel. Essaouira est évoquée à travers une porte peinte aux couleurs patinées, inspirée du patrimoine artisanal de la cité atlantique. L’espace consacré à l’Atlas complète ce parcours architectural et culturel.
L’expérience ne se limite pas aux décors. Des senteurs de cèdre et des sonorités de musique chaâbi accompagnent les visiteurs, créant une immersion qui mobilise autant la vue que l’ouïe et l’odorat.
Au fil des années, le Pavillon marocain s’est imposé parmi les lieux les plus photographiés de Putrajaya, aux côtés de la Mosquée Putra et du Perdana Putra, siège du gouvernement malaisien.
Plus de deux décennies après le lancement du projet, Astaka Morocco demeure un symbole des liens culturels entre le Maroc et la Malaisie. Sous le soleil tropical, ses zelliges, ses boiseries et ses cours racontent un patrimoine marocain qui a traversé les continents sans perdre son identité.
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