Infomédiaire Maroc – Le Conseil de sécurité des Nations Unies a prorogé, ce vendredi, le mandat de la MINURSO de 6 mois jusqu’au 31 octobre 2018, consacrant, une fois de plus, la prééminence de l’initiative marocaine d’autonomie pour résoudre le conflit artificiel autour du Sahara marocain.
Le Conseil de sécurité “décide de proroger le mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2018”, lit-on dans le texte de la résolution 2414 présentée par la plume américaine, qui a été votée par 12 voix pour, 0 contre et 3 abstentions (Russie, Chine, Ethiopie).
L’instance exécutive de l’ONU a consacré, encore une fois, la prééminence de l’initiative d’autonomie, présentée par le Royaume le 11 avril 2007, en se félicitant des efforts “sérieux et crédibles faits par le Maroc pour aller de l’avant dans le processus visant un règlement (du conflit du Sahara)”.
Le Conseil de sécurité insiste, en outre, sur “l’importance de l’engagement renouvelé des parties à aller de l’avant dans le processus politique en préparation à un 5ème round de négociations, dans un esprit de réalisme et de compromis”, lesquels réalisme et compromis sont “indispensables” pour progresser dans les négociations.
A cet égard, la résolution appelle les parties à faire preuve de volonté politique et à travailler dans une atmosphère propice au dialogue en vue de reprendre les négociations pour parvenir à “une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable”.
Elle réitère son appel “aux parties et aux Etats voisins de coopérer plus pleinement avec l’Organisation des Nations Unies et les uns avec les autres, et à renforcer leur engagement afin de progresser vers une solution politique” à ce conflit.
Le Conseil reconnaît, dans ce cadre, que “la solution politique de ce différend de longue date et le renforcement de la coopération entre les Etats membres de l’Union du Maghreb arabe contribueraient à la stabilité et à la sécurité, induisant à son tour la création d’emplois, de croissance et d’opportunités pour l’ensemble des peuples du Sahel”.
Le Conseil de sécurité somme le polisario de quitter “immédiatement” Guergarat
Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est dit, vendredi, “préoccupé” par la présence du polisario à Guergarat, sommant le groupe séparatiste d’évacuer “immédiatement” cette région située dans la zone tampon.
Le Conseil “exprime sa préoccupation quant à la présence du front polisario dans la zone tampon à Guergarat, et appelle à son retrait immédiat” de cette zone, lit-on dans la résolution 2414 du Conseil, qui a prorogé jusqu’au 31 octobre 2018 le mandat de la MINURSO.
Cette résolution a été votée par 12 voix pour, 0 voix contre et 3 abstentions
Le Conseil s’est également dit “inquiet” vis-à-vis de l’annonce par le polisario de transférer certaines de ses soi-disant “fonctions administratives” à Bir Lahlou, à l’est du dispositif de défense, enjoignant les milices séparatistes de “s’abstenir de procéder à de tels actes déstabilisateurs”.
Faisant référence aux manoeuvres du polisario, le Conseil s’est, en outre, déclaré “préoccupé par les violations des accords existants, appelant les parties à respecter leurs obligations pertinentes et à s’abstenir de toute action susceptible de déstabiliser la situation ou de menacer le processus des Nations Unies”.
A contrario de l’injonction du Conseil à l’égard du polisario, l’organe exécutif de l’ONU a tenu à “reconnaître la réponse mesurée du Maroc aux préoccupations récentes concernant la zone tampon”.
Le Conseil réaffirme la nécessité de respecter pleinement les accords militaires conclus avec la MINURSO en ce qui concerne le cessez-le-feu et demande aux parties une pleine adhésion à ces accords.
Il reconnaît, dans ce contexte, que “des questions fondamentales liées au cessez-le-feu et aux accords y afférents persistent”. Il appelle les parties à “prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité ainsi que la liberté de mouvement et l’accès immédiat des Nations Unies et du personnel associé pour l’accomplissement de leur mandat, conformément aux accords en vigueur”.
Cet appel intervient dans un contexte tendu entre la MINURSO et le polisario, dont des éléments avaient intercepté, la mi-mars, une patrouille de la mission onusienne et lancé des tirs de sommation pour empêcher les membres de la mission onusienne d’enregistrer les violations des milices séparatistes dans la zone à l’est du dispositif de défense, comme l’avait annoncé le porte-parole de l’ONU, Stephane Dujarric.
“La MINURSO a informé le Conseil de sécurité que, le 16 mars, dans la localité de Tifariti, les observateurs militaires de la MINURSO en service ont été interceptés par des membres armés du front polisario, qui ont procédé à des tirs de sommation”, avait-il déclaré.
De son côté, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait déploré qu’alors que les symboles de l’ONU étaient auparavant respectés même par les groupes militants, ce respect s’est effrité avec le temps, faisant qu’aujourd’hui “nos personnels sont ciblés exactement parce qu’ils sont ainsi”.
“Le personnel des Nations Unies est régulièrement ciblé par ceux qui s’opposent à la paix”, a-t-il encore écrit sur son compte Twitter.
Dans sa résolution 2414, adoptée vendredi par 12 voix pour, 0 voix contre et 3 abstentions, et prorogeant de six mois le mandat de la MINURSO, jusqu’au 31 octobre 2018, le Conseil de sécurité “salue les mesures et les initiatives prises par le Maroc, et le rôle joué par les Commissions du Conseil National des Droits de l’Homme opérant à Dakhla et Laâyoune, ainsi que l’interaction du Maroc avec les Procédures spéciales du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies”.
Le Conseil de sécurité fait état également de sa « profonde inquiétude » vis-à-vis des « souffrances continues” des populations des camps de Tindouf, en Algérie, ainsi que de leur dépendance de l’aide humanitaire extérieure.
La résolution a ainsi réitéré la demande du Conseil de sécurité quant à l’enregistrement et au recensement des populations des camps de Tindouf, en insistant pour que des ”efforts soient réalisés dans ce sens ».
L’instance exécutive de l’ONU a, par ailleurs, souligné l’importance d’un engagement des parties de continuer le processus de négociations sur le Sahara marocain sous l’égide des Nations Unies.
Le texte appelle, en outre, les Etats voisins à “apporter des contributions importantes au processus politique et à accroître leur participation au processus de négociation”.
Ces négociations, souligne la résolution, doivent se faire “sous les auspices du Secrétaire général, sans conditions préalables et de bonne foi, en tenant compte des efforts faits depuis 2006 et des faits nouveaux survenus depuis, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable”.
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