IA : Washington place Anthropic sur liste à risque pour la sécurité nationale

L’administration américaine a décidé de classer la start-up Anthropic parmi les entreprises représentant un risque pour la sécurité nationale, ouvrant un nouveau front dans la bataille stratégique autour de l’intelligence artificielle.

Dans un document judiciaire déposé devant un tribunal en Californie, les autorités estiment que l’accès d’Anthropic aux infrastructures militaires pourrait fragiliser les chaînes d’approvisionnement critiques. En cause, la possibilité pour l’entreprise de modifier ou restreindre le fonctionnement de ses modèles d’IA selon ses propres principes éthiques.

Selon le gouvernement, ces systèmes restent très vulnérables à la manipulation, et Anthropic pourrait, en théorie, ajuster ou désactiver sa technologie en pleine opération militaire si certaines “lignes rouges” internes étaient franchies. Un scénario jugé incompatible avec les exigences de sécurité nationale.

Début mars, la société a saisi la justice américaine pour contester des sanctions qu’elle juge excessives, notamment son inscription sur une liste limitant l’accès aux contrats publics fédéraux.

Au cœur du différend figure le refus d’Anthropic de voir ses technologies utilisées pour des applications comme la surveillance de masse ou l’automatisation d’attaques létales. Une position qui la place en décalage avec certaines coopérations entre géants technologiques et armée américaine.

Selon plusieurs médias américains, les modèles de la start-up auraient été mobilisés lors de la préparation de récentes opérations militaires au Moyen-Orient, alimentant davantage les inquiétudes des autorités.

Fondée en 2021 par d’anciens membres d’OpenAI, Anthropic revendique une approche centrée sur la sécurité et l’éthique de l’intelligence artificielle. Elle a récemment publié une “constitution” destinée à encadrer le comportement de son modèle Claude et à prévenir les usages jugés dangereux.

Derrière cette affaire se profile une question de fond : jusqu’où une entreprise privée peut-elle imposer ses principes éthiques face aux priorités de défense d’un État ?

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