Accueil Patrick AMAR, Co-Fondateur et dirigeant d’axis Mundi

    Patrick AMAR, Co-Fondateur et dirigeant d’axis Mundi

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    Infomediaire : Pouvez-vous nous dresser tout d’abord  une brève présentation d’AXIS MUNDI ? 
     
    Patrick AMAR : AXIS MUNDI (www.axismundi.fr) est un cabinet de conseil, leader en France sur la performance et la santé au travail. Ses activités incluent notamment le coaching et le développement professionnel, les diagnostics de qualité de vie au travail, les dispositifs d’assistance psychologique aux salariés, le conseil RH et la formation.  Avec un réseau de plus de 350 consultants, AXIS MUNDI regroupe des professionnels reconnus de l'accompagnement avec une longue pratique de l'entreprise. Ses clients comptent parmi les plus grandes sociétés françaises et internationales.
     
    Infomediaire : Comment évolue le rôle du manager en entreprise? 
     
    Patrick AMAR : Un certain nombre d’éléments participe à une importance accrue du facteur humain et de la position du manager : tertiarisation croissante de l’économie et création de valeur ajoutée qui se fait de plus en plus dans les activités de R&D, de conception, de maîtrise de l’information et des savoirs renforçant les enjeux relationnels au-delà des savoirs techniques ; Complexification de l’environnement qui exige une adaptation rapide des équipes à la fluidité du contexte et une plus grande tolérance à l’incertitude ; Fonctionnements matriciels ou en réseaux qui remplacent en partie la logique strictement hiérarchique et qui rendent plus compliquée la tâche du manager qui doit diriger différemment, etc.  
     
    De plus en plus, le manager doit passe d’une logique strictement d’expertise, du « faire », à une logique managériale, du « faire faire » (et faire réussir). D’une fonction d’encadrement, consistant à gérer les « process », coordonner, contrôler, mesurer, il doit de plus en plus être dans une posture de fédérateur d’énergies, de gestionnaire de la performance individuelle et collective. Ce passage passe par de nouveaux apprentissages et l’activation d’autres ressources : prise de recul, meilleure compréhension de soi et des autres, entraînement à la relation, développement de l’intelligence émotionnelle, affirmation de soi et négociation des conflits, etc.
     
    Infomediaire : Dans le contexte économique actuel, quelles sont les principales  difficultés que peuvent rencontrer les managers ? 
     
    Patrick AMAR : Dans un contexte actuel caractérisé par une plus grande tension économique, la marge de manœuvre du manager est nécessairement plus restreinte. Ses moyens de motiver et récompenser le travail (augmentation de salaire, attribution de primes, opportunités de promotion…) sont plus limités. Il doit au contraire, souvent être le porteur de mauvaises nouvelles : restriction de moyens, réduction d’effectifs, contraintes accrues sur les postes, visibilité limitée sur l’avenir, etc.
     
    Plus encore, des insuffisances managériales qui pouvaient, en période d‘euphorie économique, passées inaperçues, subissent un effet grossissant avec la crise. Le manager doit, dans ces périodes être encore plus vigilant. Il lui faut davantage communiquer et donner du feedback. Une des choses qui ressort souvent dans les diagnostics de stress au travail que nous menons à AXIS MUNDI, est le déficit de reconnaissance ressenti par les collaborateurs.  Il lui faut aussi davantage négocier et convaincre. Enfin dans ce climat de défi, il lui faut motiver, en donnant du sens à l’action.  
     
    Infomediaire : Comment définiriez-vous un « BON » Manager ?
     
    Patrick AMAR : Dans le rôle traditionnel du manager, il y a la planification, l’organisation, la direction et le contrôle du travail. Et ce programme doit mettre idéalement au centre des qualités d’être et de relation : écoute, empathie, intelligence émotionnelle, souci du développement de ses collaborateurs, pour favoriser leur montée en compétence et leur autonomisation, synonyme de plus grande performance. 
     
    La capacité et la demande d’autonomie ne sont pas les mêmes pour tous et le manager devra accompagner ses collaborateurs en fonction de leurs caractéristiques propres dans un « management situationnel » qui s’adapte aux forces et faiblesses de l’autre dans un contexte donné.
     
    Enfin, manager quand c’est possible plutôt par la persuasion que la coercition car dans un environnement de plus en plus éclaté, le « je pense, donc tu suis », devient de moins en moins opérationnel.
     
    Infomediaire : Quelles sont les caractéristiques d’un « manager heureux » ?
     
    Patrick AMAR : Pour beaucoup de personnes, le travail joue un rôle important, voire déterminant, dans le degré de satisfaction qu’ils ont de leur vie. Le travail est en effet un lieu à fort enjeu existentiel où se joue une partie de l’identité personnelle de chacun. Quelques caractéristiques du manager heureux :
     
    Le manager heureux a une bonne estime de lui-même. La psychologie des personnes dépressives fait ressortir notamment une sur-représentation de pensées négatives sur soi. Les personnes heureuses, n’ont pas que des pensées positives mais ont une bonne opinion d’eux-mêmes et une confiance dans leurs qualités ce qui facilite leur capacité à profiter des opportunités de l’environnement et à obtenir des feedbacks favorables.
     
    Le manager heureux a le sentiment de maîtriser sa vie et d’avoir un bon contrôle sur les situations importantes pour lui. Il établit des corrélations claires entre ses efforts, son action et les résultats qui vont en découler. N’ayant pas le sentiment que sa carrière dépend (seulement) de la chance ou d’autres personnes, il a tendance à être persévérant et mieux résister au stress ou à l’échec.
     
    Le manager heureux est un partisan de la pensée positive : il pense plutôt que « quand on veut, on peut » et il est optimiste. Armé d’anticipations de réussite, il se lance plus facilement dans la bataille que son collègue plus malheureux, s’accroche plus et réussit donc statistiquement plus… ce qui le rend encore plus content de lui-même et valide son optimisme…
     
    Quand le manager heureux se compare aux autres, il le fait avec prudence (il sait qu’il ne connait pas toute leur histoire) et il s’assure d’être le plus juste et objectif possible. Il est capable de tirer des plans d’amélioration réalistes en observant ceux qui sont « devant » lui mais il est aussi capable d’apprécier le chemin parcouru et de faire preuve d’indulgence devant les obstacles qu’il lui reste à surmonter.
    Le bien-être du manager passe aussi par la capacité à entretenir des relations de confiance et d’intimité avec certaines personnes et à rechercher du support social au travail et en dehors. Ce support apporté au travail par la hiérarchie, les pairs, les collaborateurs peut prendre plusieurs formes : soutien économique certes mais aussi informationnel, émotionnel, affectif.
     
    Enfin, le bonheur du manager passe aussi par une prudence par rapport au surinvestissement et à la tentation de tout aller chercher dans le travail au détriment d’autres champs d’épanouissement (famille, amis, spiritualité, hobbies, etc.) ce qui peut être un facteur de fragilisation pour lui. Le travail est important mais n’est pas tout.
     
    Patrick Amar est dirigeant d’AXIS MUNDI (www.axismundi.fr), société française spécialisée dans la santé et la performance au travail. Né au Maroc, il est diplômé de l’ESSEC et en psychologie. Il est coach de dirigeants, psychologue, consultant en prévention des risques psychosociaux, chargé d’enseignement à l’ESSEC et à l’Université. Il est l’auteur d’ouvrages en psychologie et management, traduits en huit langues dont notamment les bestsellers : Psychologie du manager (Dunod), Le coaching (puf) et J’arrête de stresser – 21 jours pour changer (Eyrolles).
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