L’arrivée éventuelle de Revolut au Maroc devra encore attendre. Interrogé sur l’intérêt manifesté par la néobanque britannique pour le marché marocain, le Wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, a tenu à clarifier la position de l’institution monétaire : aucune demande officielle d’agrément n’a, à ce stade, été déposée par Revolut.
La fintech, connue pour ses services bancaires digitaux, ses paiements internationaux et ses solutions de change, s’est bien rapprochée de la banque centrale marocaine dans une logique exploratoire. Mais pour Bank Al-Maghrib, l’heure n’est pas encore à l’ouverture d’un nouveau dossier d’agrément de cette ampleur.
Le Wali a expliqué que le Maroc est actuellement engagé sur trois chantiers stratégiques jugés prioritaires. Le premier concerne les discussions avec les partenaires européens autour du cadre applicable aux banques marocaines opérant en Europe, notamment en lien avec les transferts des Marocains résidant à l’étranger. Ces flux financiers représentent un enjeu majeur pour l’économie nationale et nécessitent un cadre sécurisé.
Le deuxième chantier porte sur l’évaluation menée avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, attendue d’ici la fin de l’année. Cette mission doit examiner la solidité du système financier marocain, sa résilience et ses mécanismes de gouvernance.
Enfin, le troisième dossier concerne les travaux liés au Groupe d’action financière dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Un volet particulièrement sensible pour les services financiers digitaux, où les flux transfrontaliers et les opérations en ligne imposent une vigilance renforcée.
Dans ce contexte, Bank Al-Maghrib semble privilégier une approche prudente. Le message adressé à Revolut n’est donc pas celui d’un refus définitif, mais plutôt celui d’un calendrier encore prématuré. Le régulateur veut d’abord consolider ses chantiers en cours avant d’envisager l’arrivée de nouveaux acteurs internationaux sur le marché bancaire marocain.
Pour Revolut, le Maroc reste toutefois un marché attractif, porté par la digitalisation des usages, l’importance des transferts des MRE et le rôle croissant du Royaume comme hub financier vers l’Afrique. Mais son éventuelle implantation dépendra d’un cadre réglementaire suffisamment stabilisé pour concilier innovation, souveraineté financière et sécurité des transactions.
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