L’automobile a renoué avec la croissance au terme du premier trimestre de cette année pour signer une performance remarquable à l’export, conservant ainsi sa réputation de fleuron majeur de l’industrie marocaine.

La crise sanitaire liée à la pandémie du nouveau coronavirus (covid-19) a, certes, ralenti le trend haussier de cette industrie, suite notamment au confinement et à la fermeture des frontières, mais cette pause a également permis au secteur de repartir sur de bonnes bases et cartonner davantage.

En témoigne les récentes statistiques de l’Office des changes qui font état d’une amélioration des exportations du secteur de l’automobile de 38,9% au titre du premier trimestre de l’année 2021, pour s’établir à plus de 22,6 milliards de dirhams (MMDH). Il s’agit d’un niveau supérieur à celui d’avant la crise, puisque ces exportations se sont chiffrées à 20,64 MMDH à fin mars 2019.

Au détail, les segments de la “construction”, du “câblage” et de “l’intérieur véhicules et sièges” se sont parvenus à augmenter leurs exportations respectivement de 51,9% à près de 9,2 MMDH, de 23,4% à 7,6 MMDH et de 24,9% à 2,3 MMDH.

Des chiffres qui ne cessent de confirmer le choix judicieux du Royaume de miser sur cette industrie, créatrice de l’emploi et génératrice de revenus issus principalement de l’export, ainsi que de la considérer comme l’un des piliers de l’économie nationale.

Aujourd’hui, ce choix donne clairement ses fruits, puisque l’Automobile est considéré comme le premier exportateur au Maroc avec plus de 80 MMDH en 2019 et 72,7 MMDH en 2020, outre un taux d’intégration locale de 60%.

Mais pour arriver à cette position et surtout la maintenir, c’est tout un travail d’organisation et d’accompagnement qui s’opère afin d’établir l’environnement et les conditions propices à même de séduire les multinationales et les inciter à venir s’installer au Maroc.

L’un des facteurs clés de succès a été bel et bien l’instauration de l’approche des écosystèmes qui a donné un coup de fouet à l’essor de l’industrie automobile marocaine. Ainsi, et comme l’indique le ministère de l’Industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique sur son portail internet, huit écosystèmes ont été mis en place à savoir, “Câblage automobile”, “Intérieur véhicule & sièges”, “Métal/emboutissage”, “Batteries automobiles”, “Poids lourds et carrosserie industrielle”, “Moteurs et transmission”, “Écosystème Renault” et “Écosystème PSA”.

“Ces logiques d’écosystèmes favorisent une intégration plus marquée du secteur, ainsi qu’une meilleure organisation de ses acteurs qui gagnent en compétitivité, en qualité et en réactivité”, explique le ministère.

Afin de garantir la réussite de cette expérience, une série de mesures visant à accompagner ces écosystèmes a été mise en place, aussi bien sur le plan financier (primes d’incitation à l’investissement, primes à l’intégration locale, …) qu’au niveau fiscal et en matière d’avantages douaniers, de facilités administratives et de formation.

D’ailleurs, le Plan d’accélération industrielle accorde une importance stratégique à la formation en vue de disposer de compétences marocaines hautement qualifiées qui constituent un point fort du Maroc en termes d’attractivité.

L’idée est claire. Il s’agit de procéder à un ciblage bien précis de formations pour répondre de la manière la plus idéale aux besoins desdits écosystèmes en ressources humaines.

Et c’est à la lumière de ces efforts, que les grandes entreprises étrangères sont de plus en plus intéressées à s’installer au Maroc, tandis que celles déjà présentes dans le Royaume font part de leur ambition d’étendre davantage leur activité.

C’était le cas, durant cette année, de Clayens NP Morocco qui a inauguré l’extension de son unité industrielle à Mohammedia, spécialisée dans la production des pièces métalliques de précision destinées aux secteurs automobile, électrique et électronique.

Initiée en pleine période du covid-19, cette extension, qui consiste en l’installation de nouveaux équipements dotés de technologies de pointe pour améliorer et optimiser les procédés de fabrication, a coûté 73 millions de dirhams (MDH) pour augmenter de 70% la surface de l’usine.

Elle est censée générer un chiffre d’affaires supplémentaire de 120 MDH et 100 emplois.

Aussi, Stellantis (ex PSA) et le Centre technique des industries des équipements pour véhicules (CETIEV) ont lancé un nouveau site “CETIEV 2.0” d’une superficie de 3.700 m².

Ce site réalise pour la première fois au Maroc des essais physiques (électriques/électroniques, mécatroniques, acoustiques, vibratoires et analyses de synthèse véhicules) liés aux activités de développement et de validation automobile, effectués auparavant à l’étranger.

Bien que la “véritable” relance de l’économie nationale n’est pas encore là, mais ces réalisations et performances de l’automobile augurent d’une année exceptionnelle pour cette industrie qui dispose des potentialités nécessaires afin de poursuivre sa domination en matière d’exportations.