Après la reconnaissance israélienne de la marocanité du Sahara, les relations entre le Maroc et Israël devraient s’accélérer sur plusieurs plans, notamment économique. Pour le Royaume, quels sont les secteurs à prioriser pour mieux tirer profit de ce partenariat ? Eléments de réponses.
La reconnaissance par Israël de la marocanité du Sahara va solidifier les relations entre les deux pays et ouvrir de nouvelles perspectives sur le plan économique. C’est un avis qui revient souvent lorsqu’on interroge les observateurs de la vie publique.
«Ce sont des relations de coopération très réfléchies des deux côtés. Les deux pays ont toujours entretenu des échanges au niveau agricole (avec l’irrigation), la surveillance du territoire ou le renseignement (…). Maintenant, les choses vont devenir plus claires», commente, pour L’infomédiaire, Driss Aissaoui, analyste politique et économiste.
Selon lui, désormais, c’est à un partage d’expériences et à un transfert de technologies qu’il faut s’attendre dans de nombreux domaines, notamment économiques. «Parmi eux, on peut citer l’agro-industrie, le dessalement de l’eau de mer, les technologies de l’information, ou encore l’armement», détaille notre interlocuteur.
55,7 millions de dollars
Ce qui viendrait renforcer les échanges économiques depuis la normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays, en 2020. Depuis lors, selon les statistiques des services israéliens, les deux économies ont réussi à atteindre 55,7 millions de dollars d’échanges commerciaux en 2022. Ce qui constitue un début très encourageant, même si, pour l’heure, c’est le Maroc qui importe un volume de 37,9 millions de dollars, et n’exporte vers le marché israélien que 17,8 millions de dollars.
«Désormais, pour le Royaume, l’objectif est de trouver des partenaires qui l’appuient pour la concrétisation de son Nouveau modèle de développement. Et quand on regarde les objectifs de cette feuille de route, on voit bel et bien qu’il y a des secteurs sur lesquels Israël est un leader mondial, notamment dans les domaine de l’irrigation, du dessalement de l’eau de mer et de la haute technologie», estime Driss Aissaoui.
En effet, le Royaume doit disposer d’une visibilité et d’une stratégie claires dans ces relations, afin de mieux tirer profit de son rapprochement avec Israël. Ce qui exige de réussir à sécuriser une relation de confiance entre les deux États, mais également, entre les acteurs économiques. À ce propos, des rencontres d’affaires ont été tenues dans les deux pays, afin de donner un déclic à ce nouveau partenariat et de renforcer les échanges.
200.000 touristes
Ces échanges se font déjà de façon forte dans un secteur qui constitue le cordon ombilical entre les deux pays : le tourisme. En effet, toujours selon les statistiques de l’État hébreu, environ 200.000 touristes israéliens ont visité le Maroc en 2022. Ce qui en fait l’un des contingents les plus importants, et qui est appelé à se renforcer, d’autant plus qu’on estime à au moins un million les citoyens israéliens nés dans le Royaume.
Depuis le début de l’année 2023, cette dynamique semble se maintenir. Plus de 51.500 visiteurs israéliens se sont rendus au Maroc au cours des quatre premiers mois de cette année, soit une hausse de 115% par rapport à la même période de l’année précédente.
Abdellah Benahmed
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