Face aux enjeux énergétiques grandissants, le Fonds Africain d’Efficacité Energétique (FAEE) entend lever les freins techniques et financiers qui freinent la transformation des entreprises vers des modèles de consommation plus durables. Dans un entretien accordé à l’Informédiaire, Mehdi Benjelloun, directeur général délégué d’Attijari Capital Management, dévoile un modèle de financement fondé sur le remboursement par les économies générées.
L’efficacité énergétique ne relève plus de la simple option technologique, mais d’un impératif économique et climatique. Encore faut-il trouver les moyens de la financer.
C’est précisément l’ambition du Fonds Africain d’Efficacité Energétique (FAEE), lancé fin 2024 et géré par Attijari Capital Management. Invité de l’Infomédiaire, Mehdi Benjelloun, directeur général délégué d’Attijari Capital Management, société de gestion du FAEE, a détaillé un modèle novateur qui entend lever les freins techniques et financiers, principaux obstacles auxquels se heurtent les entreprises.
L’approche repose sur une logique simple ; les projets sont intégralement pris en charge par le fonds et remboursés uniquement grâce aux économies d’énergie générées. Mehdi Benjelloun explique que dès le premier mois, les entreprises bénéficient d’une baisse de facture et d’un gain de compétitivité.
«Souvent, ces projets sont jugés trop modestes pour attirer des financements classiques, mais suffisamment lourds pour peser sur les bilans des entreprises », souligne-t-il. En Afrique, où le coût de l’énergie reste élevé et les incitations publiques limitées, la difficulté est accentuée. Ainsi, le FAEE se positionne comme le maillon manquant entre fournisseurs de solutions Green et entreprises en quête de transformation durable.
Le champ d’action est vaste et concerne tous les domaines. Avec une première levée de fonds de 200 millions de dirhams, le fonds a d’ores et déjà entamé le déploiement des premiers projets, avec un objectif affiché de réduction jusqu’à 30 % de la facture énergétique des clients. Mais au-delà des financements, le directeur général délégué insiste sur d’autres leviers tels que la sensibilisation et l’incitation. Pour lui, l’efficacité énergétique reste un gisement d’emplois et une clé de souveraineté énergétique pour les économies africaines.
Dans un continent où le potentiel solaire et éolien est jugé exceptionnel, l’urgence est de transformer ces atouts en projets concrets.
M.O.
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