Amis gamers, certains jeux ne portent pas vraiment leur nom.
Cadillacs and Dinosaurs en fait partie. Car au Maroc, en réalité, personne ne l’appelait comme ça. Ici, ce classique arcade de 1993 signé Capcom avait un autre nom, bien plus simple, bien plus parlant : Mustapha.
Sorti dans un contexte où l’arcade régnait en maître, Cadillacs and Dinosaurs nous plonge dans un futur complètement ravagé.
La planète est détruite, l’humanité vit sous terre, puis remonte à la surface pour découvrir un monde étrange, dangereux, peuplé de gangs armés, de technologies improbables, de grosses voitures américaines… et de dinosaures en liberté, comme si quelqu’un avait oublié de refermer Jurassic Park.
Mais dans ce chaos post-apocalyptique, un personnage a volé la vedette à tout le monde : Mustapha Cairo.
En 1993, Capcom ose quelque chose de totalement inédit pour l’époque : proposer un héros black, qui n’est ni boxeur ni basketteur, qui porte un prénom à consonance musulmane, et qui est, en plus… ingénieur.
Pas figurant. Pas stéréotype.
Un ingénieur, en première ligne, chargé de sauver le monde à coups de poing.
Un détail qui fait aujourd’hui sourire, mais qui à l’époque était presque révolutionnaire. Mustapha n’était pas juste un personnage jouable : il était différent, crédible, et surtout mémorable. Chemise verte, pantalon jaune, coupe sérieuse, attitude calme… le héros le plus stylé de la fin du monde.
Côté gameplay, Mustapha est sans contestation possible le personnage le plus rapide du jeu. Une véritable anomalie de vitesse. Il glisse à l’écran, traverse les ennemis, nettoie une zone entière en quelques secondes. Un personnage pensé pour aller droit au but, sans détour, sans finesse inutile. De l’efficacité brute.
Son coup spécial, resté légendaire, lui permet de traverser l’écran en ligne droite à pleine vitesse, en balayant tout sur son passage. Une signature. Un réflexe chez tous les joueurs. Un moment de puissance pure.
Mais avant même de jouer, il fallait réussir une première épreuve : se procurer le fameux derhem kravata.
Ce dirham spécial, réservé uniquement aux bornes d’arcade, était plus précieux qu’un billet. Tu pouvais être blindé en monnaie classique, sans le bon dirham, tu étais condamné à regarder les autres jouer. Le vrai pouvoir, ce n’était pas l’argent… c’était le bon jeton.
Cadillacs and Dinosaurs était bien plus qu’un beat’em up.
C’était un film d’action, une fable écologique, une vitrine de l’Amérique fantasmée, une leçon de survie… et une publicité indirecte pour les écoles d’ingénieurs.
Un futur foutu, mais stylé.
Un monde en ruines, mais fun.
Et au milieu de tout ça : un ingénieur nommé Mustapha en train de sauver la planète à mains nues.
À l’écran titre, c’était Cadillacs and Dinosaurs.
Mais dans nos mémoires, ça restera toujours : Mustapha.
par Mehdi Msaddeq
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