ON S’EN FOOT ! CAN et Clubs Européens : le bras de fer ?

À chaque édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), la même tension resurgit : des clubs européens, employeurs des stars du football africain, se montrent réticents à libérer leurs joueurs pour la compétition continentale. Entre les calendriers surchargés et les enjeux sportifs et financiers, un véritable bras de fer s’engage souvent en coulisses. Pour éclaircir la situation d’un point de vue légal, l’avocat en droit du sport Amir N’gazi a récemment rappelé les règles qui régissent ces relations, soulignant que le droit est sans ambiguïté en faveur des sélections nationales.

La loi est claire : Les Clubs n’ont pas le dernier Mot

Contrairement à une idée reçue, la libération des joueurs pour une compétition internationale comme la CAN n’est pas une affaire de « feeling » ou de négociation au cas par cas. Amir N’gazi insiste sur le fait qu’il existe un cadre réglementaire strict établi par la FIFA. « Il y a des règles assez claires, des règles assez strictes et ce qu’il faut avoir à l’esprit c’est que dans ce genre de situation les clubs n’ont aucun pouvoir de contrainte sur les sélections », explique l’avocat.

En d’autres termes, un club ne peut légalement pas empêcher un joueur de rejoindre sa sélection nationale si celui-ci est jugé apte sur le plan médical. Toute tentative d’obstruction est non seulement illégale mais également risquée. « Si par exemple un club essaye d’empêcher un joueur d’aller en sélection, il peut être sanctionné par la FIFA », prévient Maître N’gazi. Cette menace de sanction oblige les clubs à une certaine vigilance, même si des pressions informelles peuvent exister.

Un problème de prestige lus que de Droit

Si les règles sont si claires, pourquoi ce débat revient-il sur le devant de la scène à chaque CAN ? Pour Amir N’gazi, la racine du problème n’est pas juridique mais culturelle. Les discussions et les tentatives de retenir les joueurs révèlent une perception dévalorisante de la compétition africaine par certaines instances du football européen.

« Aujourd’hui encore, pour certains clubs européens, la CAN n’est pas une compétition aussi prestigieuse que les autres », analyse-t-il. Cette mentalité conduit à des tentatives de « s’arranger avec le calendrier », en essayant de garder des joueurs clés plus longtemps que la période de libération officielle ne le prévoit. On peut y voir un manque de respect pour le football africain et ses institutions.

Un appel au respect du calendrier international

Face à ce constat, Amir N’gazi lance un appel aux dirigeants et entraîneurs européens. Il est impératif, selon lui, qu’ils intègrent le fait que la CAN est un tournoi majeur, au même titre que l’Euro ou la Coupe du Monde. « Il faut que les entraîneurs européens aient à l’esprit que la CAN est une compétition aussi majeure que l’Euro ou que la Coupe du Monde et libèrent les joueurs quand il le faut », conclut-il.

En définitive, bien que le cadre légal soit fermement établi en faveur des sélections, le débat persistera tant qu’un changement de mentalité ne s’opérera pas au sein de l’écosystème du football européen. La reconnaissance pleine et entière du prestige de la CAN est la seule voie pour mettre fin à ce bras de fer récurrent qui pollue chaque édition du plus grand tournoi du continent africain.

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