Dans le dixième numéro de l’émission « On s’en foot ! », diffusé sur DADATV, Ouadih Dada, Saad Moufakkir et Mounir Messari ont accueilli avec soulagement la nomination tant attendue de Mohamed Ouahbi en tant que sélectionneur national. Cet événement marque une étape cruciale pour la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et suscite un large débat quant aux attentes et défis qui attendent le nouveau coach. L’émission, riche en analyses et décryptages, a également exploré d’autres sujets majeurs qui interpellent le football africain et mondial.
Un soulagement partagé face à la nomination de Mohamed Ouahbi
Ouadih Dada a introduit l’émission sur un ton à la fois détendu et enthousiaste, soulignant la satisfaction ressentie face à l’arrivée d’un sélectionneur. Ce dossier épineux, qui a longtemps occupé l’actualité sportive et les débats des supporters, semble désormais tourner une page.
À ses côtés, Saad Moufakkir a salué cette nomination, mettant en lumière les qualités humaines et le parcours atypique de M. Ouahbi. Ce dernier, un Belgo-Marocain originaire d’un quartier multiculturel de Bruxelles, s’est fait connaître en Europe essentiellement par son travail avec les jeunes, notamment à Anderlecht. Entré dans le coaching dès ses 21 ans, Ouahbi n’a jamais dirigé d’équipe première jusqu’à présent, mais a engrangé de l’expérience en remportant notamment la Coupe du Monde des moins de 20 ans, une performance saluée par Saad.
Mounir Messari, quant à lui, s’est montré plus prudent, soulignant la jeunesse et le manque d’expérience de M. Ouahbi à ce niveau, notamment dans le contexte d’une équipe première ambitieuse. Selon lui, la capacité de M. Ouahbi à s’adapter au collectif et aux exigences d’une sélection senior sera un facteur décisif. Le débat a également évoqué la possibilité d’un staff renforcé à travers l’appui d’entraîneurs étrangers, notamment João Pedro Sacramento, réputé pour son savoir-faire dans plusieurs grands clubs européens.
Les défis du cadre et la pression sur le sélectionneur
L’émission a insisté sur le fait que le contexte d’arrivée de Mohamed Ouahbi est délicat. La communication autour de sa nomination a semblé précipitée, avec une présentation jugée improvisée, ce qui ne facilite pas l’instauration d’un climat serein. Le contrat du sélectionneur reste flou : durée, conditions et objectifs posent question. La communauté footballistique attend une clarification sur ce point essentiel. Ouadih Dada a évoqué la nécessité d’une période d’évaluation d’au moins trois mois, ce qui paraît idéal pour que M. Ouahbi trouve ses marques.
Saad Moufakkir a rappelé que, malgré son palmarès avec les jeunes, M. Ouahbi connaît une grande responsabilité avec une équipe qui peut être divisée entre anciens et nouveaux, ce qui nécessitera beaucoup de diplomatie. Il a aussi regretté la fin de mandat de Walid Regragui, sélectionneur précédent, soulignant son parcours remarquable à la tête des Lions de l’Atlas : vainqueur de la Coupe d’Afrique et demi-finaliste de Coupe du Monde, il méritait selon lui un autre dénouement plus digne.
Une actualité footballistique : entre compétition, controverse et enjeux politiques
Outre l’actualité marocaine, les trois animateurs ont abordé des sujets d’actualité dans le football mondial et africain, révélant combien le sport reste indissociable des réalités politiques.
Saad Moufakkir a évoqué un match marquant dans le championnat marocain, particulièrement une remontada spectaculaire du WAC, signe d’une montée en puissance et d’une professionnalisation accrue du football national. Mounir Messari, présent lors de ce match, a confessé son enthousiasme devant la qualité et l’intensité de la rencontre, ce qui laisse entrevoir un climat passionné sur le terrain malgré les difficultés organisationnelles.
Le podcast n’a pas éludé non plus les tensions qui entourent la prochaine Coupe du Monde, prévus aux États-Unis et au Mexique. Un contexte politique complexe prévaut, marqué notamment par des dissensions entre ces deux pays quant à la sécurité et au trafic transfrontalier lié aux narcotrafiquants, mettant en lumière les risques sécuritaires de cet événement planétaire. Cette situation rend la tenue de la compétition incertaine et soulève des inquiétudes sur son organisation et sa sérénité.
Par ailleurs, les animateurs ont aussi souligné les répercussions imprévues de la situation politique sur d’autres manifestations sportives. Par exemple, l’équipe féminine iranienne en Coupe d’Asie fait face à de graves menaces après avoir boycotté l’hymne national, ce qui souligne la fragilité des sportives dans certains régimes.
Une autre polémique a été abordée : le report soudain et discret de la compétition féminine de la CAF, qui était programmée initialement du 25 juillet au 16 août. Ce décalage, communiqué sans explications claires, a suscité incompréhension et critiques sur la gestion du football africain, accentuant l’impression d’un sport limité par des enjeux extra-sportifs et un déficit de communication dans les instances.
Enfin, le scandale des paris truqués en Major League Soccer (MLS) a aussi été discuté. Deux joueurs ghanéens suspendus à vie pour avoir manipulé des cartons jaunes démontrent que le football doit sans cesse lutter contre la corruption et la triche, afin de préserver son intégrité.
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