À Casablanca, le ftour ne se vit plus uniquement autour de la table familiale. Chaque année, au fil du mois de Ramadan, une autre scène prend vie : celle des plages, où des dizaines de Casablancais choisissent de rompre le jeûne face à l’océan.
À mesure que l’heure du coucher du soleil approche, la plage d’El-Hank, à deux pas de la majestueuse Mosquée Hassan II, se transforme en véritable théâtre à ciel ouvert. Familles, groupes d’amis et curieux s’y retrouvent, nappes étendues sur le sable, paniers remplis de mets traditionnels à la main.
Dans cette atmosphère singulière, le rituel du ftour prend une dimension nouvelle. Le bruit des vagues remplace celui des télévisions, la brise marine se mêle aux parfums de la harira et des dattes, et le ciel embrasé du crépuscule devient le décor d’un moment suspendu.
Pour beaucoup, ce choix répond à un besoin simple mais profond : rompre avec la routine quotidienne. Mohamed, habitant du quartier, explique que ces ftours collectifs sont nés d’une envie de partager autrement ce moment sacré, en dehors du cadre habituel.
Même ressenti du côté de Hasna, qui décrit une ambiance « agréable et apaisante », renforcée par la proximité de la mer et la beauté du paysage. Quant à Fatima, elle perpétue les traditions culinaires, préparant harira, chabbakia, salades et spécialités, avant de rejoindre la plage avec sa famille.
Au-delà du repas, ces instants deviennent une véritable expérience. Certains profitent de l’attente pour marcher sur le sable, pêcher ou simplement contempler l’horizon.
Au fil des années, le ftour sur la plage s’est imposé comme une tradition casablancaise à part entière, symbole d’un Ramadan vécu entre spiritualité, convivialité et liberté.
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