Demain, le Mondial 2026 ouvrira ses portes. Les stades s’illumineront. Les hymnes résonneront. Les experts sortiront leurs calculatrices. Et les Marocains recommenceront à rêver.
Mais cette fois, quelque chose a changé.
Le Maroc ne débarque plus à la Coupe du monde en espérant créer la surprise.
Le Maroc est devenu la surprise que les autres espèrent éviter.
Pendant des décennies, nous avons regardé les grandes nations avec respect. Parfois avec admiration. Souvent avec prudence.
Puis le Qatar est arrivé.
Et avec lui une vérité que beaucoup refusaient encore d’admettre : le Maroc peut battre n’importe qui.
L’Espagne l’a appris.
Le Portugal aussi.
Et le monde entier avec eux.
Depuis, les Lions de l’Atlas ne jouent plus dans la même catégorie mentale. Le talent existait déjà. Les infrastructures aussi. Les ambitions également.
Ce qui a changé, c’est la peur.
Ou plutôt son absence.
Car au fond, le plus grand exploit de 2022 n’était pas une demi-finale historique.
C’était de convaincre tout un peuple qu’il avait le droit de regarder les géants dans les yeux.
Bien sûr, certains continuent d’expliquer que tout cela relevait d’un alignement des planètes. Un tournoi parfait. Une génération exceptionnelle. Un miracle passager.
Les mêmes qui trouvaient mille raisons de relativiser les succès marocains ont d’ailleurs trouvé mille raisons de critiquer l’organisation de la CAN 2025.
Visas.
Billetterie.
Logistique.
Hôtels.
Transports.
À croire que certains inspectaient les moindres détails avec l’enthousiasme d’un contrôleur fiscal découvrant une facture mal rangée.
Quelques mois plus tard, le Mondial s’ouvre aux États-Unis dans un contexte de restrictions migratoires, de tensions diplomatiques et de complications administratives pour plusieurs nationalités.
Curieusement, les procureurs autoproclamés du football mondial semblent avoir pris des vacances.
Comme quoi, dans le football aussi, certains cartons jaunes sont distribués plus vite que d’autres.
Mais peu importe.
Le véritable sujet n’est pas là.
Le véritable sujet est que le Maroc n’a plus besoin de demander sa place à la table des grands.
Il s’y est assis.
Et lorsqu’on s’assoit à cette table, une règle s’impose : personne ne vous applaudit pour ce que vous avez fait hier.
On vous juge sur ce que vous êtes capable de refaire demain.
Voilà le défi des Lions.
Non pas surprendre.
Confirmer.
Non pas écrire une nouvelle page.
Prouver que le livre n’est pas terminé.
Parce qu’au fond, la vraie question de ce Mondial n’est peut-être pas de savoir jusqu’où ira le Maroc.
La vraie question est de savoir combien d’équipes espèrent secrètement ne pas le croiser.
En 2022, le Maroc a écrit l’histoire. En 2026, il doit prouver que cette histoire n’était pas un accident.
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