Bank Al-Maghrib accélère sa réforme vers le ciblage de l’inflation : le calendrier se précise jusqu’en 2027

Le Maroc franchit une nouvelle étape dans la modernisation de sa politique monétaire. Bank Al-Maghrib (BAM) est entrée dans la phase finale de préparation du passage au ciblage de l’inflation, un changement majeur qui doit progressivement entrer en vigueur en 2027, après plusieurs étapes de tests et de validation.

À l’issue de la réunion du Conseil de la Banque centrale, le Wali Abdellatif Jouahri a confirmé que le chantier suit désormais un calendrier précis. Une première échéance importante est attendue en septembre, avec la présentation du dossier au Conseil de Bank Al-Maghrib, avant l’organisation d’une simulation à blanc en décembre. Cette phase pilote permettra de tester les procédures, les outils et la communication avant le lancement officiel du nouveau cadre de politique monétaire en 2027.

Le ciblage de l’inflation consiste pour une banque centrale à fixer un objectif explicite de stabilité des prix et à ajuster ses instruments, notamment le taux directeur, afin de maintenir l’inflation autour de cette cible sur le moyen terme. Ce dispositif est déjà utilisé par de nombreuses banques centrales dans le monde. Le Maroc prépare cette transition depuis plusieurs années, parallèlement à la réforme graduelle du régime de change.

Pour accompagner cette évolution, Bank Al-Maghrib bénéficie de l’appui technique du Fonds monétaire international (FMI) ainsi que d’échanges avec plusieurs banques centrales ayant déjà adopté ce modèle. Des actions de sensibilisation sont également menées auprès des acteurs financiers, du monde académique et prochainement du secteur privé afin de faciliter l’appropriation de cette réforme.

Ce changement intervient dans un contexte où la Banque centrale maintient son taux directeur à 2,25 %, estimant que les perspectives d’inflation restent compatibles avec son objectif de stabilité des prix. BAM prévoit une inflation moyenne de 1,5 % en 2026, avant une remontée à 2,1 % en 2027, principalement sous l’effet de l’inflation importée et de la hausse attendue des coûts énergétiques.

Au-delà de la conduite de la politique monétaire, cette réforme vise à renforcer la crédibilité de la Banque centrale, améliorer l’ancrage des anticipations d’inflation et offrir davantage de visibilité aux ménages, aux entreprises et aux investisseurs. Son succès dépendra toutefois de la qualité des données économiques disponibles, de la transparence de la communication de BAM et de l’adaptation progressive des acteurs économiques à ce nouveau cadre.

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