Les marchés mondiaux sous pression entre tensions au Moyen-Orient et doutes sur l’IA

Les principales places financières mondiales ont entamé la semaine dans un climat de prudence, alors que la reprise des tensions au Moyen-Orient alimente une nouvelle hausse des cours du pétrole. En parallèle, les valeurs technologiques subissent un regain de défiance lié aux interrogations sur la rentabilité des investissements massifs consacrés à l’intelligence artificielle.

À la mi-séance lundi, les marchés européens évoluaient sans direction franche. Francfort avançait de 0,14%, Paris de 0,05% et Milan de 0,25%, tandis que Londres reculait de 0,13%.

Les investisseurs suivent avec attention l’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran, marquée par de nouvelles frappes américaines durant le week-end et une riposte iranienne visant plusieurs pays de la région proches de Washington. Ces affrontements sont présentés comme les plus importants depuis le cessez-le-feu conclu le 8 avril.

Le détroit d’Ormuz demeure au centre des préoccupations. Avant le conflit, ce passage stratégique concentrait environ 20% du commerce mondial d’hydrocarbures. Téhéran, qui a annoncé sa fermeture jusqu’à nouvel ordre, poursuit toutefois des discussions avec plusieurs médiateurs régionaux, notamment le Qatar, le Pakistan et Oman, dans l’objectif d’éviter une aggravation de la situation.

Cette montée des risques géopolitiques a immédiatement soutenu les prix de l’énergie. Vers 11h00 GMT, le baril de Brent progressait de 3,20%, à 78,44 dollars, tandis que le WTI américain gagnait 3,28%, à 73,75 dollars.

La hausse du pétrole ravive également les inquiétudes liées à l’inflation et pousse les rendements obligataires vers le haut. Le taux de l’emprunt allemand à dix ans, considéré comme une référence sur le marché européen, atteignait 3,08%, contre 3,06% à la clôture de vendredi.

La tech et les semi-conducteurs décrochent

Au-delà des tensions géopolitiques, les marchés sont confrontés à un retour des doutes autour de l’intelligence artificielle. Après avoir largement soutenu la progression des actions depuis le mois de mars, cette thématique suscite désormais davantage de questions sur la capacité des investissements colossaux engagés par les géants technologiques à générer rapidement des bénéfices.

Les valorisations élevées des fabricants de semi-conducteurs sont particulièrement surveillées. Certains investisseurs estiment que l’adoption de l’IA et les retours financiers attendus pourraient prendre davantage de temps que ce qu’anticipaient jusqu’ici les marchés.

En Europe, plusieurs poids lourds du secteur ont reculé. Infineon perdait 2,07% à Francfort, ASML cédait 1,33% à Amsterdam et STMicroelectronics abandonnait 1,05% à Paris.

La correction a été nettement plus marquée en Asie. À Séoul, l’indice Kospi a chuté de 8,95%, pénalisé par l’effondrement des grandes valeurs technologiques. SK hynix a dévissé de 15,37%, après sa forte progression enregistrée vendredi dans le sillage de son arrivée à Wall Street. Samsung Electronics a, pour sa part, abandonné 10,70%.

La Bourse de Tokyo a également terminé en baisse de 1,92%, sous l’effet du recul des fabricants de composants électroniques. Advantest a perdu 3,39%, tandis que Renesas a chuté de 6,15%.

Aux États-Unis, les contrats à terme signalaient une ouverture difficile pour les valeurs technologiques. Le Nasdaq était attendu en baisse d’environ 1%, tandis que les replis anticipés pour le S&P 500 et le Dow Jones apparaissaient plus limités.

Une semaine riche en résultats et en données économiques

Après une séance relativement pauvre en annonces, les investisseurs se préparent à plusieurs rendez-vous majeurs. La saison des résultats doit notamment s’accélérer avec les publications d’ASML et du fabricant taïwanais TSMC, deux acteurs particulièrement exposés à la croissance des dépenses liées à l’intelligence artificielle.

Même si les performances financières de ces groupes sont attendues à des niveaux solides, les marchés surveilleront surtout leurs perspectives et leurs indications concernant la demande future.

Aux États-Unis, plusieurs grandes banques doivent également publier leurs résultats, dont Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, JPMorgan et Wells Fargo.

L’autre événement majeur sera la publication, mardi, des chiffres de l’inflation américaine pour le mois de juin. Ces données pourraient influencer les prochaines décisions de la Réserve fédérale américaine, alors que les tensions énergétiques renforcent les craintes d’une accélération des prix.

Dans l’attente de cet indicateur, le dollar reculait légèrement face à l’euro. La monnaie unique progressait de 0,17%, à 1,1435 dollar.

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