Le chancelier allemand Friedrich Merz estime qu’une éventuelle reprise d’usines automobiles allemandes par des constructeurs chinois relève avant tout du choix des entreprises concernées, alors que le secteur traverse une crise profonde.
Interrogé mercredi à Berlin, le dirigeant conservateur a présenté cette option comme une solution de dernier recours, plutôt que comme une réponse aux difficultés structurelles de l’industrie automobile allemande. Il a toutefois souligné que le pouvoir politique n’avait pas vocation à trancher ce type de décision.
Le sujet est particulièrement sensible pour Volkswagen, confronté à une restructuration de grande ampleur. Le groupe envisage jusqu’à 50.000 suppressions de postes supplémentaires, ce qui porterait le total potentiel à 100.000 emplois, tandis que l’avenir de plusieurs sites industriels reste incertain.
Le président du constructeur, Oliver Blume, a indiqué dans une note interne privilégier des solutions alternatives à la fermeture pure et simple des usines, tout en reconnaissant que quatre sites ne bénéficiaient d’aucune garantie à ce stade.
L’industrie automobile allemande subit de plein fouet la hausse des coûts énergétiques, les droits de douane américains, le ralentissement de la demande et la montée en puissance des constructeurs chinois, notamment sur le marché des véhicules électriques. Plusieurs usines fonctionnent désormais en dessous de leurs capacités.
Friedrich Merz a également dénoncé la politique monétaire chinoise, estimant que la sous-évaluation du yuan favorise les exportations de Pékin et pénalise les entreprises européennes. Selon lui, cette situation alimente les importations massives de produits subventionnés et accentue la pression sur les prix.
Dans le même temps, la fédération allemande de la construction mécanique VDMA a appelé Berlin et Bruxelles à renforcer leur réponse face aux pratiques commerciales jugées déloyales de la Chine.
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