Moral des ménages au Maroc : Un début d’année 2026 sous le signe d’un timide optimisme

L’Indice de Confiance des Ménages (ICM) affiche une légère progression au premier trimestre 2026, s’établissant à 64,4 points. Si la pression des prix alimentaires reste une réalité cuisante pour la majorité, les perspectives sur la capacité d’épargne et la situation financière future commencent — très lentement — à sortir de la zone de pessimisme aigu.

Une confiance qui reprend quelques couleurs

Selon la dernière note de conjoncture du Haut-Commissariat au Plan (HCP), le climat social et économique perçu par les Marocains montre des signes de stabilisation. L’indice de confiance global s’établit à 64,4 points, porté par des anticipations un peu moins sombres concernant l’avenir.

Si 45,1% des ménages redoutent encore une dégradation du niveau de vie pour l’année à venir, ils sont désormais 16,4% à espérer une amélioration. Un contraste saisissant avec les 75,1% qui affirment avoir subi une dégradation lors des douze mois écoulés.

Épargne : Moins de pessimisme, mais toujours peu de marge

Le point marquant de cette enquête concerne la capacité future à épargner. Bien que le solde d’opinion reste négatif à -75,7 points, il s’améliore par rapport au trimestre précédent (-78,5) et à l’année dernière (-77,7).

  • 12,1% des ménages envisagent désormais d’épargner au cours des 12 prochains mois.

  • À l’inverse, 87,8% estiment qu’ils ne pourront pas mettre d’argent de côté.

Actuellement, la réalité financière demeure tendue : près de 37,5% des foyers déclarent puiser dans leurs réserves ou s’endetter pour boucler les fins de mois, tandis que seuls 2,5% affirment réussir à épargner une partie de leurs revenus actuels.

L’ombre persistante de l’inflation alimentaire

Le principal frein à la consommation reste la perception des prix. La quasi-totalité des ménages (93,3%) déplore une hausse des prix alimentaires sur l’année écoulée. Pour l’avenir, le pessimisme reste de mise : 78,9% des Marocains s’attendent à ce que la valse des étiquettes se poursuive en 2026, contre seulement 2,4% qui parient sur une baisse.

Le chômage et les achats durables en berne

Le marché de l’emploi continue d’inquiéter, avec 57,9% des sondés anticipant une hausse du chômage. Cette prudence se traduit directement dans les intentions d’achat : 66,9% des ménages considèrent que le moment est inopportun pour l’acquisition de biens durables (électroménager, mobilier, etc.).

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