Le gouvernement espagnol a adopté, samedi, un décret royal plaçant tout le pays en état d’alerte pour une période de quinze jours, en vue de freiner l’expansion du nouveau coronavirus (Covid-19).

S’exprimant au Palais de la Moncloa à l’issue d’un conseil des ministres extraordinaire, le chef du gouvernement, Pedro Sanchez, a souligné que l’Espagne est confrontée à “une urgence de santé publique qui nécessite des décisions extraordinaires”, ajoutant “notre main ne tremblera pas pour l’emporter face au virus”.

L’état d’alerte entrera en vigueur ce soir dans toute l’Espagne, a relevé le chef de l’exécutif, appelant à l’unité de toutes les forces politiques, car le pays fera face à “des semaines difficiles de sacrifice”.

“L’interdiction de circuler dans les rues (…) est à suivre obligatoirement à partir d’aujourd’hui”, a insisté Sanchez, ajoutant “les Espagnols pourront sortir de chez eux seulement pour aller travailler, acheter des denrées alimentaires et autres produits de première nécessité, aller à la pharmacie ou se faire soigner”.

Le gouvernement espagnol sera “l’autorité compétente” sur tout le territoire national, pour faire face à la crise du coronavirus, a précisé Sanchez, notant que tous les organes et forces de sécurité de l’État, ainsi que les corps de police régionale et locale, seront placés sous les “ordres directs” du ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska.

“A partir de demain, dans nos relations avec les présidents des régions, il n’y aura pas de couleur politique, d’idéologie ou de notion de territoire. Nos citoyens viennent au premier plan”, a-t-il insisté, faisant savoir qu’il tiendra dimanche une réunion avec tous les chefs des gouvernements régionaux “pour garantir la coordination au plus haut niveau”.

“La première victoire dans la lutte contre la pandémie de coronavirus sera de faire en sorte que la courbe des infections n’augmente pas en flèche, mais d’une manière plus lente”, a dit le chef de l’exécutif, ajoutant que toutes les administrations du pays sont appelées à adhérer à cette volonté d’éradiquer cette épidémie.

“Les mesures de lutte contre le coronavirus sont drastiques et auront des conséquences”, a estimé Sanchez, relevant que l’ensemble des commerces n’étant pas de première nécessité seraient fermés dans l’ensemble du pays. Une mesure déjà prise dans plusieurs régions comme celle de Madrid, la plus touchée d’Espagne avec 2.940 cas et 133 décès.

L’exécutif espagnol vise, à travers cette décision, à centraliser la prise de décision, limiter la libre circulation des personnes dans tout le pays, et de réquisitionner tout type de biens.

La déclaration de l’état d’alerte, régie par l’article 116 de la Constitution espagnole, est l’une des voies constitutionnelles que le gouvernement peut adopter, à titre exceptionnel, pour faire face aux conséquences de pandémies, telles que le coronavirus, en vue de limiter les mouvements de personnes et intervenir dans les “locaux de toute nature”, comme les hôpitaux privés. L’Espagne a enregistré 193 morts et plus de 6.200 cas de contamination au nouveau coronavirus, rapporte samedi soir la chaine de télévision publique RTVE