La Banque africaine de développement met en avant l’importance stratégique de l’économie circulaire comme réponse aux défis environnementaux, industriels et économiques du continent. Cette position a été réaffirmée lors de la 7e session de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement, organisée sous le thème « Promouvoir des solutions durables pour une planète résiliente ».
Selon les analyses évoquées lors des discussions, l’économie circulaire en Afrique représente une opportunité estimée à 546 milliards de dollars par an, avec un potentiel de création de plus de 11 millions d’emplois d’ici 2030. Ce gisement de croissance se situe au carrefour de la transition écologique, de la souveraineté économique et de l’industrialisation durable.
Plusieurs secteurs sont identifiés comme prioritaires pour accélérer cette dynamique, notamment la construction, les systèmes alimentaires, les plastiques, les textiles, l’électronique et les chaînes de valeur liées à l’exploitation minière. Ces filières concentrent une part importante de l’utilisation des ressources et offrent des marges significatives d’amélioration via la réutilisation, la réparation, le recyclage, l’écoconception et la valorisation locale des matières.
Un constat central a été rappelé : près de 50 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont liées à l’extraction, à la transformation et à l’utilisation des matériaux et des ressources. Agir sur ces flux, en optimisant l’usage des matières et en réduisant le gaspillage, permet de renforcer la transition énergétique, de sécuriser les chaînes d’approvisionnement et de soutenir la résilience industrielle, y compris pour les secteurs du numérique.
Pour les économies africaines, confrontées à l’intensification des chocs climatiques, à la volatilité des chaînes d’approvisionnement et à la hausse des coûts des intrants, les approches circulaires offrent des bénéfices immédiats. Elles contribuent à réduire la dépendance aux matériaux importés, à développer davantage de valeur ajoutée locale sur les marchés nationaux et régionaux, et à créer de nouvelles opportunités d’investissement dans des industries axées sur la durabilité, le recyclage et la production locale.
Dans cette perspective, l’économie circulaire s’impose comme un levier de compétitivité et d’emploi, mais aussi comme un outil de gestion des risques face aux tensions sur les matières premières. L’enjeu est désormais d’accélérer l’intégration de ces approches dans les politiques publiques, les stratégies industrielles et les mécanismes de financement, afin de soutenir un modèle de croissance plus résilient et plus durable à l’échelle du continent.
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