Conformément aux attentes, BANK AL-MAGHRIB a statué pour la poursuite de sa politique monétaire accommodante en maintenant son taux directeur inchangé à 1,5%. Partant et sur la base d’une réévaluation à la hausse de la production céréalière désormais attendue à 32 MQx contre 25 MQx estimées en mars, la Banque Centrale a revu à la hausse ses prévisions de croissance à +1% (vs. +0,7% lors de sa dernière réunion, +1,7% pour le Gouvernement et +1,8% pour le scénario central de BKGR).

En revanche, l’Institut d’Emission confirme les tensions inflationnistes survenus vers la fin de 2021 et amplifiées suite au déclenchement de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, tablant sur une hausse de l’IPC de +5,3% pour l’ensemble de cette année. Déjà et à fin avril, ce dernier avait atteint un niveau record de +5,9% sous l’effet de la poursuite de la flambée des prix des produits énergétiques et alimentaires, principalement importés comme en témoignent les chiffres de l’Office de Changes.

Au registre du commerce extérieur, BANK AL-MAGHRIB prévoit une hausse des importations de +24,2% en 2022, en conséquence de l’alourdissement de la facture énergétiques et l’augmentation prévue des acquisitions des produits bruts et des demi-produits. A fin mai, le déficit budgétaire se creuse de près de 44% comparativement à l’année précédente pour un taux de couverture en stagnation à 60,4%. Il résulte de la hausse des importations de +38% suite à l’augmentation des achats des produits finis de consommation ainsi que des produits alimentaires et au doublement des approvisionnements en hydrocarbures à près de MAD 44 Md au moment où l’effet prix a également profité aux exportations dont le niveau s’est raffermi de +34,2% à MAD 139 Md.

Cette dégradation des termes de l’échange semble heureusement moins dommageable pour la balance des paiements du fait du bon comportement des recettes MRE, de celles de voyages et des flux nets IDE.

Au volet des Finances Publiques, le déficit budgétaire devrait, selon les anticipations de l’institut d’émission, passer de
-5,9% du PIB à -6,3% en 2022. En revanche et contrairement aux appréhensions, le déficit budgétaire ressort à fin avril en allègement à MAD -10,3 Md par rapport à la même période de l’année dernière, découlant essentiellement de l’amélioration des recettes ordinaire même si les dépenses de compensation continuent de s’engouffrer de près de +60% à MAD 6,3 Md.

Dans ce contexte et face à la hausse des taux sur le marché secondaire, le marché a replongé en mai, ne capitalisant guère sur les publications bien orientées des sociétés cotées au T1 2022 avec des revenus globaux en appréciation de +15% (contre une hausse limitée de +1,3% à fin mars 2021). La Bourse de Casablanca voit ainsi la contre-performance de ses indices se creuser au terme du mois de mai à -7,63% pour le MASI et de -8,33% pour le MSI 20.

C’est dans ce contexte d’orientation fortement baissière des indices boursiers que le portefeuille de BMCE Capital Global Research a clôturé le mois de mai avec une contre-performance y-t-d de -2,69%, ressortant tout de même résiliente car bien inférieure à celle de son benchmark de près de 5 points.

Pour plus d’infos, nous vous invitons à consulter notre strategy mensuel sur la plateforme de BMCE Capital Global Research et sur le site de BMCE CAPITAL BOURSE.