Le lancement par le Maroc d’un nouveau système d’évaluation du handicap vient en réponse aux attentes de nombreux acteurs dans le domaine de la protection sociale, qu’ils soient institutionnels ou associatifs, a indiqué, lundi à Rabat, la ministre de la Solidarité, du développement social, de l’égalité et de la famille, Jamila El Moussali.

Intervenant lors d’une conférence de deux jours axée sur les expériences internationales dans le domaine de l’évaluation du handicap, El Moussali a déclaré que le lancement de cet atelier vise à offrir une base scientifique et précise au processus d’évaluation, afin de permettre un ciblage efficace des personnes en situation de handicap et leur permettre d’accéder aux différents droits prévus par la législation nationale.

Au niveau international, a-t-elle poursuivi, la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées a adopté une conception sociale du handicap tandis qu’au niveau national, la loi-cadre promulguée pour protéger et promouvoir les droits des personnes handicapées a apporté une nouvelle définition des personnes en situation de handicap, qui englobe des facteurs médicaux, sociaux ainsi que l’impact de l’entourage.

Et la ministre de souligner que le processus de mise en place du nouveau système d’évaluation du handicap coïncide avec l’exécution par le gouvernement d’un ensemble d’ateliers et de programmes nationaux dans le domaine de la protection sociale et l’amélioration de la gouvernance de ciblage des classes vulnérables, évoquant, au passage, le projet visant à établir un Registre social unifié (RSU) supervisé par le ministère de l’Intérieur ainsi qu’un système de soutien et d’encouragement des personnes en situation de handicap.

“Le projet visant à établir le nouveau système d’évaluation du handicap est un pilier fondamental pour le développement de ces programmes, car il permettra d’acquérir les outils scientifiques nécessaires pour comprendre et analyser la situation multidimensionnelle du handicap, subvenir aux besoins réels de cette catégorie et d’améliorer le processus de ciblage des personnes en situation de handicap afin de rationaliser la prestation sociales de divers services”, a estimé la ministre.

Pour sa part, le ministre de la Santé, Khalid Ait Taleb, a affirmé que la mise en place du plan d’action national sur la santé et le handicap vise à assurer l’accès des personnes en situation de handicap à des services de santé préventifs, de proximité et de qualité et d’améliorer la prise en charge des patients en situation de handicap.

Le ministre a également indiqué que son département s’est engagé à créer et à réhabiliter les infrastructures de prise en charge des personnes en situation de handicap, notant à cet égard que le Maroc dispose actuellement de 20 centres régionaux de rééducation et de pose de prothèses, ainsi que 936 cadres spécialisés en médecine physique et de réadaptation, en orthophonie et en psychologie.

Il a également souligné la nécessité de définir des mécanismes d’évaluation et de diagnostic du handicap, au moment où le Maroc s’apprête à lancer le “RSU” qui permettra aux classes vulnérables de bénéficier des programmes sociaux et des services de santé, soulignant que le présent séminaire contribuera à formuler des recommandations dans le domaine de l’évaluation du handicap.

De son côté, le représentant du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Edward Christo, a relevé que le programme accompagne les efforts du ministère de la Solidarité, du développement social, de l’égalité et de la famille pour atteindre ses objectifs de promouvoir les droits des personnes handicapées.

Le projet d’appui à la mise en œuvre de la politique publique intégrée pour la promotion des droits des personnes handicapées, qui est mis en œuvre par le PNUD en partenariat avec le ministère, vise principalement à renforcer les capacités d’orientation de cette politique à travers le développement des dispositions légales et d’un mécanisme d’orientation, de gestion et de suivi, a-t-il poursuivi, notant que le projet s’inscrit dans le cadre des efforts visant à incarner l’engagement du Maroc à protéger et à promouvoir les droits des personnes handicapées et garantir leur inclusion sociale.

La représentante de l’Organisation mondiale de la santé au Maroc (OMS), Maryam Bigdeli, a souligné, pour sa part, la nécessité de fournir les services de santé nécessaires aux personnes en situation de handicap et de répondre à leurs besoins, ajoutant que le fait de faciliter l’accès de cette catégorie aux services de santé leur permettra d’accéder à l’éducation puis au marché du travail.

Bigdeli a indiqué que la 66è session de l’Assemblée mondiale de la santé a adopté en 2013 un programme d’action visant à améliorer l’état de santé des personnes handicapées, respecter leurs droits fondamentaux et assurer leur pleine et effective participation dans la société à travers la suppression des obstacles, l’amélioration de l’accès aux services et programmes de santé et le développement de services de réhabilitation.

Au programme de cette conférence figurent trois sessions animées par des médecins internationaux et portant sur “l’évaluation du handicap d’une perspective internationale”, “l’évaluation du handicap au Maroc … la situation actuelle et les perspectives de modernisation”, et “la présentation des expériences internationales dans l’évaluation du handicap”. Par ailleurs, les expériences de certains pays européens, africains et maghrébins seront présentées lors de ce conclave