Infomediaire : Quel bilan dressez-vous de l’activité de méditel durant l’année 2014 ?
Michel Paulin : Le premier mot qui me vient à l’esprit est « richesse ». J’ai en effet eu la chance d’arriver dans une année riche en évolutions pour méditel, un point d’orgue dans l’ambition de transformation globale de l’entreprise. Nous avons fait le choix de lancer de nouvelles offres et d’insister sur l’innovation. Sur un marché des télécoms en décroissance pendant deux années successives, méditel a réussi à inverser les tendances malgré l’effondrement des prix de la minute à plus de 37% en un an et l'élasticité des usages. Nous avons procédé, également, à un rafraîchissement de notre image de marque tout en lançant de nouvelles offres pré-payées, post-payées et entreprises. Il y a aussi les investissements importants avec des décisions stratégiques. Nous allons investir 4 milliards de dirhams en 4 ans pour rénover notre réseau mobile. C’est ce qui va nous permettre de pouvoir asseoir notre stratégie de proximité et de générosité à travers un réseau qui a tous les attributs de la modernité et qui relève les défis du marché.
Infomediaire : Comment vous avez jugé la baisse des prix des communications au Maroc ? pensez-vous qu’elle a donné un coup de fouet à la consommation ?
Michel Paulin : Il y a très clairement une compétition sur les prix. Pour méditel, on essaie de trouver la meilleure optimisation possible en termes de valeur prix. Il ne faut pas oublier que l’ANRT a tout fait pour que les prix baissent, en réduisant les coûts de l’interconnexion et en facilitant l’émergence d’une forte compétition. Finalement, c’est le consommateur qui a été le grand bénéficiaire de ces baisses des prix. Certes, l’effet compétition tire les prix vers le bas, mais il a permis de démocratiser davantage l’usage du téléphone. A nous de trouver les bons modèles pour que le client nous fasse confiance. Le prix est un argument très important au Maroc, mais il y a aussi d’autres aspects tout aussi importants: réseau, innovation de l’offre, la simplification, le service… Ce sont ces arguments-là qui feront la différence.
Infomediaire : méditel a contracté un emprunt de 1,4 Milliards de DHS aux banques, cela viendra renforcer sa stratégie d’investissements pour les années à venir ?
Michel Paulin : Le marché marocain des télécommunications atteint un stade de maturité avec plus 130% de taux de pénétration. Le trafic, porté par une baisse des tarifs d’environ 30% en une année, augmente de manière exponentielle. Ainsi, la consommation de services voix a augmenté de 40% et celle des services de données de 30%. En réponse à cette évolution et en anticipation du développement futur du secteur, nous avons lancé un investissement de 4 milliards de dirhams pour la modernisation de notre réseau mobile. L’emprunt est un des moyens de financement de ce programme.
Infomediaire : Qu’en est-il de votre projet d’investissement (4 milliards de dirhams) en vue de la modernisation du réseau mobile 3G ?
Michel Paulin : Le renouvellement de l’infrastructure technologique est en cours de déploiement. Notre programme d’investissement nous permettra d’impulser un saut qualitatif de l’expérience des utilisateurs aussi bien en voix qu’en données. Ce programme a été lancé dans un premier temps dans les grandes villes : Tanger Oujda et Marrakech, Casablanca cet été, Rabat en cours et Agadir avant la fin de l’année. L’ambition est de refaire la totalité des sites sur la partie radio. En outre, nous assistons à une explosion large de la data sur terminal et tablette mobile. méditel est à la pointe de cette révolution. En effet des services web, self care, de l’e-recharge, de l’e-boutique, ont été lancés cette année, de nouveaux instruments vont accélérer ce déploiement.
Infomediaire : Quid du lancement de la 4G et de l’ADSL ?
Michel Paulin : Grâce à l’ouverture de la concurrence, le client marocain est entrain de bénéficier, exclusivement sur le mobile, d’une générosité telle qu’on peut dire qu’il a un accès démocratique à des technologies de télécommunications de pointe. Quand on compare le fixe au mobile, la compétition a favorisé la démocratisation du mobile contrairement à l’ADSL. On constate malheureusement que le fixe reste le parent pauvre du secteur de télécommunications avec un taux de pénétration très faible en comparaison à la 3G : 3% pour l’ADSL, 25% pour la 3G et 100% pour le mobile. Je suis convaincu que tout ce qui concerne le cadre et les orientations réglementaires aura une importance majeure pour le développement des technologies numériques au Maroc. Ceci dit, méditel a pu offrir dans plusieurs zones des débits plus élevé que l’ADSL en s’appuyant sur des technologies basées sur la fibre. C’est le cas pour nos clients particuliers à Casa Green Town ou encore aux Jardins de l’Atlas à Marrakech. Nous accélérons aussi le déploiement de la fibre pour les entreprises.
Concernant la 4G, je pense que c’est quelque chose de très important pour un marché comme celui du Maroc. A méditel on s’y prépare. Néanmoins, il y a un certain nombre de préalables pour son développement. Parmi ces points, il y a tout ce qui concerne le spectre mais surtout le partage des infrastructures. Il faut s’assurer que le réseau (Backhaul) soit capable d’assurer l’écoulement du trafic. D’où l’importance du partage d’infrastructures réseau entre opérateurs. Pour le déploiement rapide des services haut débit dans des conditions économiques viables pour les opérateurs. Cela ne pourra se faire qu'avec une régulation de l'accès et la mutualisation des infrastructures.
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