INFOMEDIAIRE : Pouvez-vous nous rapprocher tout d’abord de B to B in Africa ? Dans quelle démarche s’inscrit cette mission commerciale que vous avez organisée conjointement avec Maroc export ?
Rachid AGOUMI : Dans le cadre de sa politique de soutien aux entreprises clientes, le Groupe Banque Populaire organise régulièrement des rencontres d’affaires entre opérateurs économiques de divers pays – France, Italie, Espagne, Canada, Mali, Côte d’Ivoire – avec leurs homologues marocains. Et ces rendez-vous d’affaires ont lieu dans les deux sens, au Maroc et dans ces pays.
Cette fois-ci, la Banque Populaire a voulu changer de dimension et de façon de faire. Ainsi est né B to B in Africa, qui est un nouveau concept visant à créer un modèle réussi de partenariat public privé, motivé par l’ambition d’assurer toujours plus de proximité avec la clientèle PME.
C’est ce qui explique notre engagement, de concert avec Maroc Export, en faveur de cette nouvelle forme de coopération, à savoir B to B in Africa.
Ce partenariat public-privé vise à promouvoir l’exportation de l’offre marocaine vers un marché à fort potentiel et soutenir nos entreprises dans ce sens, notamment en matière de prospection et de développement de partenariats d’affaires dans les conditions idoines, grâce à l’appui de notre réseau à l’international et à notre maillage continental qui assurent sécurité et fiabilité aux différents rendez-vous B to B.
Ce concept innovant de B to B in Africa s’inscrit dans le cadre d’une vision stratégique et d’une démarche opérationnelle et organisationnelle en plusieurs étapes.
La Banque Populaire dispose du plus grand portefeuille de PME et de TPE, deux catégories d’entreprises qui bénéficient d’une panoplie de produits et services, mais aussi de l’accompagnement et la mise en relation comme cela vient d’être confirmé à l’occasion de la première édition de B to B in Africa.
INFOMEDIAIRE : Quels ont été les objectifs escomptés de B to B In Africa ? Pouvez-vous nous dresser un bilan de cette mission ?
Rachid AGOUMI : B to B in Africa s’inscrit dans la continuité des actions déjà entreprises par la Banque Populaire dans le cadre de sa stratégie d’accompagnement de la PME. Elle a réuni toutes les conditions pour concrétiser des partenariats entre les entreprises marocaines et celles des pays visités, aussi bien dans les domaines du trade, de l’investissement que dans ceux du transfert d’expertise et de l’assistance technique.
Nous souhaitons bâtir un partenariat gagnant-gagnant à mettre au profit des entreprises marocaines désireuses d’explorer de nouveaux marchés à la recherche de nouvelles niches.
Malgré le fait que l’objectif des opérateurs qui ont pris part à B to B in Africa n’était pas de revenir coûte que coûte avec des bons de commande mais plutôt d’établir des contacts prometteurs, certains parmi eux sont rentrés avec des choses concrètes dans leurs valises.
B to B in Africa, ce sont plusieurs mois de préparation, 5 jours de RDV intenses, 100 PME marocaines, 3 pays visités, plus de 3000 RDV B to B et, surtout, des équipes particulièrement motivées et dévouées, composées de membres de Maroc Export, de la Banque Populaire et de ses filiales Banque Atlantique.
INFOMEDIAIRE : B to B in Africa est la suite logique de la visite royale en février 2014 dans les pays de l’Afrique subsaharienne, et représente énormément d’opportunités aux opérateurs marocains, quels sont à titre d’exemple les pays et les secteurs ciblés par cette initiative ?
Rachid AGOUMI : La vision clairvoyante de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en matière de coopération Sud-Sud et de co-développement a été récemment confortée par la tournée qu’il a effectuée dernièrement dans quatre pays subsahariens – Mali, Côte d’Ivoire, Guinée et Gabon. Le partenariat entre le Groupe Banque Populaire et Maroc Export participe de ce nouvel élan et de cette nouvelle orientation royale.
Par ailleurs, malgré les relations denses qu’entretient le Maroc avec nombre de pays subsahariens, les échanges commerciaux et les investissements sont en deçà du niveau auquel ils devraient être. Pourtant, beaucoup de pays du sud en général, et de pays africains en particulier, affichent des taux de croissance supérieurs à 6% et qui peuvent atteindre parfois les 10%. C’est dire le potentiel économique de ces pays et les perspectives de développement qu’ils recèlent. Les entreprises marocaines doivent jouer un rôle majeur dans l’accompagnement de ce développement compte tenu de la proximité du Royaume et des atouts dont il dispose.
B to B in Africa a ciblé, pour sa première édition, trois destinations : le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Sénégal, et ce, vu les potentialités importantes qu’offrent ces pays.
La délégation constituée en cette occasion a réuni des opérateurs de différents secteurs : agro-industrie, agriculture, industrie IMME, NTI, textile, industrie automobile…
B to B in Africa a connu une activité intensive tout au long de la semaine. Les entreprises présentes ont bénéficié d'un appui soutenu grâce au dispositif personnalisé en amont et en aval, conçu en étroite collaboration avec le réseau des Banques Populaires Régionales au Maroc, nos filiales Banque Atlantique implantées dans les pays visités et avec notre partenaire Maroc Export. Ce dispositif a permis aux membres de la délégation de bénéficier, pour la plupart d’entre eux, de carnets de RDV bien ciblés et de prendre connaissance des énormes opportunités de développement au niveau de chaque pays.
A noter, dans le cadre de cette mission commerciale, une forte présence d’entreprises primo-exportatrices représentées par leurs plus hauts responsables (PDG, Directeurs Généraux et Directeurs commerciaux…). Ces entreprises sont issues de toutes les régions du Maroc et interviennent dans plusieurs secteurs.
INFOMEDIAIRE : comment voyez-vous l’essor de B to B in Africa durant les années à venir ? Comment Peut-il contribuer au renforcement du positionnement du Maroc comme un hub régional au profit du continent africain ?
Rachid AGOUMI : B to B in Africa n’est qu’à sa première édition, nous souhaitons désormais l’inscrire dans la continuité. Les entreprises marocaines ont besoin de contacts et de projets concrets, et la Banque Populaire est disposée à leur apporter cela, en mettant notamment à contribution ses filiales en Afrique.
L’essentiel pour notre Groupe bancaire est de construire une base d’information solide et d’assurer un suivi de l’ensemble des résultats. Pour y parvenir, nous avons élaboré un plan d’action opérationnel afin de rendre plus efficace la mise en relation, et nous comptons, d’un commun accord avec notre partenaire Maroc Export, organiser de nouvelles éditions de B to B in Africa qui cibleront d’autres destinations, en tenant compte des besoins et des spécificités de celles-ci.
Pour rappel, la Banque Populaire a déjà tenu cette année plusieurs rencontres du genre, afin de favoriser le réseautage d’affaires et pour éclairer les entreprises sur les opportunités présentes au niveau des marchés en Afrique. A titre d’exemple, je citerai la rencontre organisée à l’occasion du Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM) en présence d’hommes d’affaires venus de Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Mali et du Togo, que nous avons invités pour leur présenter les opportunités de partenariat avec les entreprises marocaines qui opèrent dans le secteur de l’agriculture.
Nous avons également organisé des rencontres B to B entre les entreprises marocaines et leurs homologues maliennes lors du Forum Economique Maroc-Mali. Tenu en mai dernier, ce forum a connu un franc succès, grâce notamment à la contribution de notre filiale Banque Atlantique Mali.
Par ailleurs, grâce au processus d’ouverture du Maroc aux nombreux accords préférentiels et aux accords de libre-échange, qui donnent accès à un marché potentiel d’un milliard de consommateurs, le Royaume est devenu un hub économique et commercial pour aborder les marchés africain, américain, européen, arabe…
Je pense que le développement Sud-Sud est, pour le Groupe Banque Populaire, un pari gagnant pour contribuer à consolider le positionnement de notre pays en tant que hub régional.
INFOMEDIAIRE : Quelles sont les ambitions de développement de la BCP sur le continent africain pour les années à venir ?
Rachid AGOUMI : Le Groupe Banque Populaire entend renforcer son intervention en Afrique en élargissant sa présence à d’autres pays et en développant le portefeuille client de l’ensemble de ses filiales. L'idée étant de jouer un rôle prépondérant dans le paysage financier du continent selon un plan stratégique élaboré à cet effet.
La Banque Populaire a également lancé un important plan de déploiement de la microfinance dans plusieurs pays d’Afrique étant donné sa longue expérience et son savoir-faire particulièrement éprouvé dans ce domaine.
Enfin, le Groupe compte donner une dimension plus forte à sa banque d'affaires Atlantique Finance qui opère sur les marchés subsahariens en synergie avec Upline Group et nos filiales Banque Atlantique. Ces entités ont déjà été mises en œuvre pour coordonner et structurer des opérations pour de grands groupes marocains, des groupes locaux et pour le compte des Etats de la zone UEMOA. Nous entendons faire jouer à Upline Group et Atlantique Finance un rôle prépondérant dans les opérations de fusion-acquisition, d’émissions de dette et de structuration d'opérations financières.
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