Les centres financiers africains constituent des accélérateurs stratégiques pour la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), a affirmé, vendredi à Rabat, la directrice générale adjointe de Casablanca Finance City (CFC), Lamia Merzouki.
S’exprimant lors d’un panel organisé dans le cadre des Market Days 2025 de l’Africa Investment Forum (AIF) sous le thème « De la vision à la mise en œuvre : accélérer l’action du secteur privé dans la ZLECAf », Mme Merzouki a souligné que les centres financiers, avec leur effet de cluster et leur capacité à attirer l’expertise et les capitaux nécessaires, peuvent être des leviers puissants pour accélérer la mise en œuvre de la ZLECAf.
Ainsi, elle a présenté un plan d’action ambitieux articulé autour de piliers stratégiques visant à faire des centres financiers africains des catalyseurs de l’intégration continentale, en capitalisant sur leurs capacités à créer des écosystèmes propices à l’investissement.
La responsable a détaillé le plan d’action dont le premier pilier vise à institutionnaliser la contribution du secteur privé et accélérer l’accès aux marchés africains, à travers l’établissement d’un dialogue structuré public-privé et la création d’un observatoire qui offrira des données, des analyses de marché, du renseignement économique et des outils pratiques pour faciliter l’entrée sur les marchés africains.
Le deuxième pilier porte sur le comblement du déficit infrastructurel pour le « made-in-Africa » en développant des corridors économiques et en mobilisant l’expertise nécessaire à travers les centres financiers qui peuvent créer les écosystèmes propices à la structuration de projets complexes, a-t-elle expliqué.
Le troisième pilier vise à renforcer l’intégration financière régionale à travers une coopération renforcée entre régulateurs pour harmoniser les cadres juridiques et réglementaires, a suggéré Mme Merzouki, qualifiant cette approche de première étape cruciale vers l’intégration financière régionale.
Le quatrième pilier vise à répliquer les modèles réussis de libre circulation des personnes et des capitaux auprès d’autres centres financiers africains, et à promouvoir l’opportunité africaine au niveau mondial, a-t-elle précisé, citant l’exemple d’une mission conjointe réussie à Tokyo avec les centres financiers de Maurice, Lagos, Nairobi et Kigali pour présenter l’opportunité africaine à des entreprises japonaises.
Mme Merzouki a dans ce sens révélé que CFC accueille aujourd’hui le Fonds Africa50 et de nombreuses équipes de gestion qui pilotent plus de 20 milliards de dollars de projets concrets en Afrique depuis Casablanca, démontrant le potentiel des centres financiers à servir de hubs pour le financement du développement continental.
Les centres financiers devraient être capables de mettre en place le bon environnement pour attirer les investisseurs internationaux, mais aussi le bon vivier d’expertise et de talents, a-t-elle affirmé, soulignant que cette capacité à concentrer les compétences et les ressources constitue un avantage décisif pour débloquer les projets d’infrastructure qui sous-tendent la ZLECAf.
Mme Merzouki a par ailleurs mis en avant le modèle innovant de CFC qui, depuis sa création en 2010, a placé l’intégration africaine au cœur de son ADN, facilitant aujourd’hui les opérations d’une communauté de membres présents dans plus de 50 pays africains.
Elle a ainsi détaillé les facilités concrètes : embauche sans restriction d’employés étrangers avec des permis de travail obtenus en deux jours, des visas en une semaine et des permis de résidence en deux semaines, ainsi qu’une liberté totale de gestion des actifs étrangers, notant que CFC a également mis en place un cadre juridique et réglementaire solide avec le Centre international de médiation et d’arbitrage de Casablanca, doté d’arbitres internationaux renommés pour renforcer la confiance des investisseurs et servir l’ensemble du continent.
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