La Galerie Bab Rouah à Rabat accueille l’exposition « Maroc en Héritage », une rencontre artistique singulière qui réunit la peintre marocaine Nadia Chellaoui et le sculpteur français Paul Beckrich. Imaginé et porté par la galeriste Rikia Merius, ce projet propose une immersion dans l’univers du patrimoine vestimentaire marocain, revisité à travers deux approches artistiques complémentaires.
Au cœur de cette exposition, le costume traditionnel marocain devient un véritable langage artistique. Caftans, parures, broderies, drapés et silhouettes inspirent des œuvres qui interrogent la mémoire, l’identité et la transmission culturelle. Loin d’une simple représentation patrimoniale, les artistes proposent une lecture contemporaine de cet héritage, en faisant dialoguer tradition et création moderne.
Pour Paul Beckrich, figure reconnue de la sculpture figurative contemporaine, le défi consistait à transposer l’élégance et la richesse des tenues marocaines dans la matière. Connu pour son travail minutieux sur les costumes et les drapés, l’artiste a réalisé une série de sculptures en céramique selon la technique du raku, un procédé ancestral qui confère aux œuvres des textures et des craquelures uniques. Les vêtements deviennent ainsi volumes, mouvements et présences, révélant toute la dimension symbolique du costume marocain.
Face à cette approche sculpturale, Nadia Chellaoui apporte une lecture plus sensible et introspective. À travers ses peintures, l’artiste explore les émotions, les souvenirs et les résonances culturelles associées au patrimoine marocain. Ses œuvres, dominées par une palette vibrante et expressive, traduisent une vision personnelle où la couleur devient un vecteur de mémoire et d’identité. Pour l’occasion, elle a également expérimenté de nouvelles techniques intégrant tissus et collages, renforçant encore le lien entre art contemporain et héritage culturel.
L’exposition trouve toute sa force dans la complémentarité des deux démarches. D’un côté, la matière, le volume et la structure des costumes. De l’autre, l’émotion, la couleur et l’imaginaire. Cette confrontation artistique crée un dialogue inédit entre deux regards, deux cultures et deux sensibilités réunies autour d’une même source d’inspiration : le Maroc.
Pour Rikia Merius, galeriste d’origine marocaine installée en France, ce projet revêt également une dimension personnelle. Après plusieurs années consacrées à la promotion d’artistes contemporains en Europe, elle signe avec « Maroc en Héritage » un retour symbolique vers ses racines. L’exposition devient ainsi un espace de rencontre entre les scènes artistiques marocaine et française, tout en affirmant la capacité de l’art à créer des passerelles entre les cultures.
À travers cette initiative, la Galerie Bab Rouah se transforme en lieu de dialogue où sculpture et peinture se répondent pour raconter une histoire commune. Une invitation à redécouvrir le patrimoine marocain sous un angle nouveau, entre héritage, création et modernité.
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