La dernière sortie du Trésor marocain sur le marché obligataire international marque une nouvelle étape dans le positionnement financier du Royaume. Réalisée le 19 mai 2026, cette opération de 2,25 milliards d’euros confirme, selon BMCE Capital Global Research, la capacité du Maroc à mobiliser des financements importants dans des conditions jugées maîtrisées.
Initialement prévue entre 1,5 et 2 milliards d’euros, l’émission a été revue à la hausse grâce à une forte demande des investisseurs. Le carnet d’ordres a atteint 5,2 milliards d’euros, soit un taux de couverture proche de 2,3 fois.
Cette dynamique a permis un resserrement du pricing de 30 points de base, avec des spreads finaux fixés à Mid-Swap +170 points de base pour la tranche à 8 ans et Mid-Swap +200 points de base pour celle à 12 ans.
Pour BKGR, cette opération dépasse le simple refinancement. Elle s’inscrit dans une stratégie visant à allonger la durée moyenne de la dette, à diversifier les sources de financement, à préserver l’équilibre du marché domestique des bons du Trésor et à sécuriser des ressources avant la montée en puissance des investissements publics prévus entre 2026 et 2030.
Cette sortie intervient aussi après le retour officiel du Maroc au statut Investment Grade par S&P, un signal qui renforce la confiance des investisseurs internationaux dans les fondamentaux macroéconomiques du Royaume.
Dans un contexte de besoins de financement élevés, avec une Loi de Finances 2026 autorisant jusqu’à 60 milliards de dirhams d’emprunts extérieurs, cette opération permet également de limiter la pression sur le marché local tout en accompagnant les grands chantiers liés aux infrastructures, à l’eau, à la logistique et aux préparatifs de la Coupe du monde 2030.
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