L’université Ibn Tofail et l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (IAEA) ont inauguré, lundi à Kénitra, la section nationale de Women in Nuclear Global (WIN), un réseau international regroupant des milliers de professionnels de plus de 100 pays, notamment des femmes exerçant dans les métiers du nucléaire.

L’inauguration de WIN Morocco, en coopération avec Women in Nuclear Global, s’est déroulée à l’occasion d’une conférence de deux jours destinée à rassembler une cinquantaine de femmes issues de 17 pays africains ainsi que des experts œuvrant dans le domaine du nucléaire afin de partager les connaissances et les bonnes pratiques, autonomiser les femmes pour accroître la parité hommes-femmes et aider les participantes d’Afrique à développer leurs propres sections nationales de WIN.

Dans une déclaration, la présidente de la conférence et professeure spécialisée en physique nucléaire à l’Université Ibn Tofail, Oum Keltoum Hakam, a indiqué que cet évènement tend vers l’échange d’expériences, la création de partenariats et l’examen des moyens à mettre en œuvre pour améliorer la représentativité des femmes en matière de nucléaire à l’échelle africaine”.

Relevant que le lancement de WIN Morocco “est un pas franchi dans le cadre de la feuille de route pour la mise en place de la section régionale WIN Afrique”, Hakam a expliqué qu’à l’échelle internationale, les femmes sont sous-représentées dans le secteur nucléaire et que de nombreuses initiatives sont lancées pour y remédier. Néanmoins, les statistiques montrent qu’il y a eu des progrès significatifs ces dernières années, a-t-il fait observer, notant que l’accent doit être mis sur l’établissement de règles et de procédures, le renforcement de l’éducation des jeunes filles dans les domaines des sciences et de la technologie, et le changement des perceptions concernant les questions de genre.

De l’avis de cette experte, la création d’une section nationale de WIN permettra d’offrir un forum permettant à toutes les femmes du domaine de débattre de sujets liés au nucléaire, de faire entendre leur voix et de donner aux jeunes femmes les moyens de réussir dans leurs études et leur vie professionnelle.

Le président de WIN Global Gabriele Voigt a, de son côté, affirmé avoir eu des discussions sur les possibilités de mettre en place une section régionale de l’Afrique pour regrouper toutes les femmes exerçant dans les domaines liés à la science nucléaire dans les pays du continent. Une telle initiative bénéficie du soutien de l’IAEA dans la perspective de promouvoir le partage d’idées, le réseautage, le développement de carrières et la réussite professionnelle, a-t-il expliqué.

Sur un autre registre, le coordinateur du groupe d’experts auprès du Comité 1540 des Nations unies, Raphaël Prenat, a mis l’accent sur l’importance de l’expertise féminine et de la promotion de la parité au sein des instances internationales en charge des questions du nucléaire et de non-prolifération.

Se disant fier de voir la parité se concrétiser au sein du Comité 1540 où les femmes ont toute leur place, l’expert international a souligné le besoin de favoriser un plus grand intérêt des femmes pour les questions de non-prolifération des armes afin qu’à terme, l’Afrique dispose d’une ressource d’expertise aussi bien féminine que masculine à la hauteur des enjeux.

WIN Global est une association mondiale à but non lucratif de femmes travaillant dans divers domaines de l’énergie nucléaire et des applications des rayonnements, composée de membres de sections nationales et régionales de 109 pays. Dans la région africaine, il existe actuellement deux sections, à savoir celles de l’Égypte et de l’Afrique du Sud, auxquelles vient s’ajouter la nouvelle antenne WIN Morocco.