Le Département du chef du gouvernement a reçu 23 mémorandums riches en évaluations et propositions au titre du dialogue national sur la prochaine étape (post covid-19), a souligné ce mardi à Rabat le chef du gouvernement, Saâd Dine El Otmani.

 

En réponse à une question centrale lors de la séance mensuelle des questions de politique générale, tenue mardi à la Chambre des conseillers, El Otmani a indiqué que les réunions qu’il a tenues avec des ministres, partis politiques, centrales syndicales, chambres professionnelles et un certain nombre d’associations professionnelles ont constitué une étape importante dans le cadre de l’élaboration d’un dialogue national sur la phase actuelle et future, notant que le département du chef du gouvernement a reçu 23 mémorandums riches en évaluations et propositions, émis par 27 instances.

 

Dans ce contexte, il a souligné qu' »il est en cours d’examiner ces mémorandums dans l’optique de les renvoyer aux différents départements gouvernementaux concernés pour tenir compte de leurs dispositions, en vue de mettre en place un plan de relance de l’économie nationale et élaborer un projet de loi de finances rectificative de 2020″.

 

Après avoir salué toutes les instances concernées pour leur interaction avec un esprit de patriotisme afin de contribuer à ce chantier, El Otmani a souligné que « la prochaine phase sera gérée selon la même démarche participative’’, notant que l’étape de la reprise de l’activité économique exige « le lancement d’un dialogue entre le gouvernement et les acteurs socio-économiques dans lequel une réflexion sera menée pour garantir un décollage économique et un retour à la situation normale ».

 

Par ailleurs, il a rappelé que le principal pari du Maroc pour la période à venir est de veiller à redynamiser l’économie et reprendre les activités économiques, commerciales et de services, avec la conjugaison des efforts de toutes les parties prenantes, soulignant que la vision du gouvernement pour booster et développer l’économie nationale repose sur deux piliers à savoir un plan de relance économique jusqu’à la fin 2021, dans le but de ramener l’activité économique à son niveau d’avant la crise, et un plan de décollage économique à moyen terme, qui sera élaboré en harmonie avec le nouveau modèle de développement, tout en procédant à la classification des priorités sociales et économiques.

 

La conjoncture économique et financière difficile que traverse le Royaume, en raison des répercussions de la pandémie de coronavirus a engendré des dégâts à de nombreux secteurs vitaux, suite à l’instauration de l’état d’urgence sanitaire, ce qui impactera négativement plusieurs indicateurs macroéconomiques, y compris le taux de chômage, a-t-il expliqué, notant que ces répercussions entraîneront durant cette année une contraction du produit intérieur brut qui pourrait se poursuivre en 2021.

 

De même, il a passé en revue les mesures urgentes pour atténuer l’impact de la pandémie sur l’économie et les activités des entreprises, soulignant que l’intervention de l’État a permis de réduire considérablement les répercussions économiques de la crise, selon plusieurs données et indicateurs, notamment la stabilité des recettes de TVA, la maîtrise du niveau d’inflation qui n’a pas dépassé 0,9% durant la période allant d’avril 2019 à avril 2020 et l’augmentation estimée à 10,1 % des dépenses d’investissement public entre fin mai 2019 et fin mai 2020.

 

Il s’agit également de l’accélération de la cadence de récupération de la TVA, en plein arrêt d’activité. Ainsi, le volume de récupération de la TVA a atteint plus de 5,16 milliards de dirhams à fin mai 2020 contre 5,12 MMDH au titre de la même période un an auparavant, a-t-il précisé.

 

Après avoir mis l’accent sur l’effort entrepris dans les chantiers de travaux publics, le chef du gouvernement a souligné que l’exécutif s’est penché sur l’élaboration « d’un plan de relance de l’économie nationale » qui s’étend jusqu’à la fin de 2021, selon une approche impliquant tous les intervenants, en faveur d’une reprise progressive de l’activité économique nationale.

 

Il a également noté que le projet de loi de finances rectificative 2020 constitue une base pour activer ce plan et entamer sa mise en œuvre, tout en prenant en considération les variables inhérentes à la conjoncture économique nationale et internationale et ce, via des mesures dont le recours à des actions urgentes à même de préserver le pouvoir d’achat des ménages.

 

Ce plan prévoit aussi de soutenir la reprise des activités économiques, de mettre en place un système incitatif transitoire, de renforcer les budgets des secteurs prioritaires dont la santé et l’enseignement et de reprogrammer les budgets de fonctionnement et d’équipement selon les priorités, à même de réviser le déficit prévisionnel pour le budget selon les nouvelles hypothèses.

 

Concernant les perspectives de décollage économique, M. El Otmani a indiqué qu’une « charte pour le décollage économique et l’emploi » sera élaborée à moyen terme, en concertation avec toutes les parties prenantes (Etat et acteurs socio-économiques), conformément à des engagements clairs, basés sur des mécanismes de suivi et d’évaluation, dans la perspective de bâtir une économie forte pour la période post-coronavirus.

 

Quant au sujet des Marocains bloqués à l’étranger, le chef du gouvernement a souligné que l’opération de rapatriement des Marocains bloqués en Turquie a été entamé aujourd’hui à raison de trois vols par jour.

 

« Le nombre des Marocains qui ont été pris en charge par les consulats et ambassades a atteint plus de 7.000 personnes », a-t-il poursuivi, ajoutant que « jusqu’à aujourd’hui 1.400 Marocains bloqués à l’étranger sont rentrés au Maroc, à raison de 200 personnes par jour ».