Les 120 milliards de dirhams (MMDH) qui seront injectés dans l’économie pour relancer le tissu productif national affecté par la crise sanitaire liée au Covid-19, iront principalement à l’investissement et aux crédits garantis par l’Etat, a annoncé, ce mardi à Rabat, le ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration, Mohammed Benchaâboun.

 

Lors d’une conférence de presse consacrée notamment à la répartition des 120 MMDH, annoncés par le Roi Mohammed VI dans le discours adressé à la Nation à l’occasion du 21ème anniversaire de la Fête du Trône, Benchaâboun a indiqué que 45 MMDH seront consacrés à l’investissement et 75 MMDH seront réservés à l’accès aux financements, garantis par l’Etat au profit de l’ensemble des entreprises marocaines y compris les TPE.

Dans le détail, le ministre a précisé que les 45 MMDH sont réservés à l’investissement, notamment l’investissement direct de l’Etat dans les projets d’infrastructure, à travers des partenariats public-privé (PPP) et les participations de l’Etat, par le biais d’un Fonds qui va être créé pour un certain nombre d’entreprises, ayant le besoin d’augmenter leurs fonds propres pour assurer leur développement.

Benchaâboun a, dans ce sens, relevé que 15 MMDH seront financés directement par le budget général de l’Etat cette année et seront injectés dans le Fonds d’investissement public, alors que 30 MMDH seront mobilisés auprès d’institutionnels nationaux et internationaux.

Le plan de relance massif de l’économie nationale avec une enveloppe globale de 120 MMDH sera opérationnalisé rapidement notamment à travers l’adoption d’un décret-loi dans les jours à venir lors du prochain conseil du gouvernement, a-t-il fait savoir.

S’agissant de la généralisation de la protection sociale à l’ensemble des Marocains, qui sera sur une période de 5 ans, il a souligné que l’assurance maladie obligatoire (AMO) va être généralisée à partir du 1er janvier de l’année prochaine.

“Nous allons entamer tout un ensemble de réformes et d’adoptions de textes notamment législatifs et réglementaires qui permettraient de préparer l’opérationnalisation à partir du 1er janvier”, a-t-il noté.

Cette AMO qui va être généralisée va toucher tous ceux qui ne sont pas protégés aujourd’hui, a t-il dit, notant que cette généralisation vise à assurer à un ensemble de marocains les mêmes prestations de services médicaux et de soins peu importe leurs catégories socio-professionnelles.

Le ministre a évoqué à cet égard la nécessité de mettre en oeuvre certaines réformes notamment fiscale afin de garantir une contribution professionnelle unifiée permettant d’un côté aux commerçants et artisans de pouvoir contribuer en fonction de leurs revenus et d’avoir en retour cette protection sociale.

La partie généralisation de l’AMO va s’étaler sur 2 ans, a-t-il fait savoir, ajoutant que la généralisation des allocations familiales, en remplacement des systèmes existants, la mise en chantier de la retraite pour tous et l’indemnité pour perte d’emploi viendront juste après.

Pour ce qui est de la réforme principale en profondeur du secteur public, plus particulièrement des établissements et entreprises publics, une agence des participations de l’Etat va être créée pour plus d’efficience dans la gestion mais également pour agir à travers la suppression d’un certains nombre d’établissements, dans le cadre d’une optimisation du fonctionnement de l’Etat, et la création de pôles homogènes pour plusieurs secteurs (pôle pour l’énergie, pôle pour le transport..), a-t-il souligné.

Ces pôles, a-t-il dit, permettront de créer des ensembles plus solides qui auront plus facilement accès au financement à des conditions meilleurs que celles aujourd’hui et qui leurs permettront donc d’investir et à créer de l’emploi ce qui est leurs rôle premier.

“Il y a des synergies à rechercher en rapprochant un certain nombre d’établissements et entreprises publics”, a-t-il fait observer, notant que l’objectif est d’optimiser le fonctionnement du secteur public dans son ensemble.