Infomédiaire Maroc – L’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) s’est imposée au fil des années comme une image de marque, une philosophie affirmée et un savoir-faire consacré. Elle s’apprête à présent à se lancer dans une opération de mise à niveau pour corriger les anomalies de phases précédentes en axant ses interventions sur l’Homme, avec un accent sur les générations montantes et les catégories sociales vulnérables. Le but étant de redonner espoir et de mieux lutter contre les frustrations.

Cet important chantier de règne du Roi Mohammed VI, qui veille scrupuleusement à sa réussite et à son aboutissement, entamera sa 3-ème phase, un programme quinquennal (2019 – 2023) d’envergure d’une enveloppe conséquente arrêtée à quelque 18 milliards de dirhams (MMDH), qui a été conçu selon une nouvelle ingénierie, qui vise plus de cohérence et d’efficacité pour toucher plus profondément les populations cible.

Après deux phases riches en réalisations, qui ont nécessité un budget global de 27 milliards de dirhams (MMDH), 10 MMDH pour la 1ère phase (2005 – 2010) et 17 MMDH pour la 2ème phase (2011 – 2015), l’INDH semble être victime de son propre succès, marquant un certain essoufflement, qui a impacté son action, à cause essentiellement de l’éparpillement des efforts et de la concentration.

La 3ème phase de cette Initiative royale, lancée en septembre dernier par SM le Roi Mohammed VI, a été conçue selon une nouvelle approche pour remédier aux dysfonctionnements qui ont marqué les deux premières phases et pour donner un nouveau souffle en capitalisant sur les acquis déjà réalisés et en recentrant les efforts exclusivement sur le développement du capital humain.

L’idée de cette autocritique est de se pencher sur le renforcement de la qualité des services rendus, dans trois secteurs essentiels, l’éducation, la santé et l’employabilité, et non pas de s’engager fortement dans la construction des infrastructures, comme c’était le cas lors des éditions précédentes.

“Plus de soft et moins de hard”, diront les concepteurs de cette nouvelle phase, impulsée par les derniers Discours royaux, qui ont mis l’accent plus particulièrement sur le déficit social au Maroc et les moyens d’y remédier pour construire le nouveau modèle de développement du Royaume sur des bases solides en plaçant l’élément humain au centre de toutes les politiques sociales.

Après plus d’une décennie de travail et de réalisations, l’INDH semble ne pas avoir beaucoup d’impact sur le classement mondial du Maroc dans le domaine du développement humain, plus particulièrement l’IDH du PNUD, ce qui justifie amplement une nouvelle phase de l’INDH avec une nouvelle philosophie recentrée sur le développement et l’épanouissement du capital humain, la richesse et la devise sure de tous pays.

Le dernier Discours du Trône se voulait une autocritique franche et claire. Il a suscité de ce fait un déclic chez les pouvoirs publics, qui portent ce chantier d’envergure sur lequel le Maroc fonde beaucoup d’espoir pour résorber son déficit social accumulé au fil des années.

Sans déroger à son caractère participatif, dans le cadre du triptyque public-privé-ONG, l’INDH, dans sa phase III, sera déclinée en quatre grands programmes portant sur la réduction du déficit enregistré au niveau des infrastructures et des prestations sociales de base, l’accompagnement des personnes en situation de précarité, l’amélioration des revenus et d’intégration économique des jeunes et l’appui pour le développement humain des générations montantes.

Cette Initiative cherche ainsi à remédier à la problématique de ciblage. La carte de la pauvreté et le registre social unique sont deux documents d’une utilité capitale dans cette phase cruciale de l’INDH, qui prévoit d’importantes nouveautés en matière de gouvernance.

Une gouvernance novatrice qui vise davantage de décentralisation dans la prise de décisions, notamment en matière de la déclinaison des programmes et de leurs financements, pour plus d’efficacité et de cohérence.

L’objectif de la lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale, affiché par les deux précédentes phases, restera sans nul doute le titre principal de cette troisième phase, un important programme transversal de 18 MMDH qui ne devra pas se substituer aux programmes sociaux portés par les autres parties sur la scène (départements ministériels, établissements publics, société civile …).

Il ambitionne en fait d’accompagner et de mettre à disposition son expertise et son aide pour que tous les intervenants dans la chose publique puissent s’inscrire harmonieusement dans la logique du Roi, qui a appelé à “une restructuration globale et profonde des programmes et des politiques nationales d’appui et de protection sociale”.

Rédaction Infomédiaire