Londres remet l’option européenne sur la table pour muscler sa défense

Le Royaume-Uni pourrait bien rouvrir un dossier qu’il avait refermé il y a quelques mois: une participation au programme d’aide à l’industrie de défense de l’Union européenne, baptisé SAFE (Security Action for Europe).

En déplacement en Chine et au Japon, le Premier ministre britannique Keir Starmer a indiqué qu’il envisagerait une adhésion si elle sert les intérêts du pays, tout en martelant un message politique clair: l’Europe, Royaume-Uni compris, doit faire davantage en matière de sécurité et de défense, et surtout le faire ensemble.

Au cœur du sujet, SAFE est un instrument européen conçu pour soutenir l’effort de défense via des prêts. Le mécanisme prévoit que l’Union européenne facilite l’accès à des financements à coût compétitif pour accélérer des projets communs et des achats conjoints, avec une enveloppe annoncée de 150 milliards d’euros.

Pourquoi Londres avait dit non, puis revient à la discussion
En novembre, le gouvernement britannique avait choisi de ne pas participer à une première étape du dispositif, après des exigences financières jugées trop élevées, évoquant notamment une contribution d’environ 2 milliards d’euros. Mais le contexte stratégique pousse aujourd’hui à reconsidérer l’équation: entre l’accélération des besoins de réarmement en Europe et la recherche d’un nouveau cadre de coopération post-Brexit, l’exécutif britannique teste à nouveau la porte d’entrée.

L’enjeu industriel derrière la décision
Au-delà du symbole politique, la question est très concrète pour l’industrie: une éventuelle participation à un futur cycle du programme pourrait améliorer l’accès des entreprises britanniques aux projets collaboratifs européens. Selon les informations relayées par la presse, le seuil de contribution industrielle britannique dans un projet pourrait aller jusqu’à 50% en cas de participation, contre 35% pour les États non participants.

Des discussions préliminaires devraient, d’après les médias, s’inviter à l’agenda d’une réunion à Londres entre responsables britanniques et européens consacrée au renforcement des relations, notamment commerciales, alors que Londres affiche une volonté de “reset” pragmatique avec ses voisins.

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