Le secteur financier africain affiche un regain d’assurance. En 2025, 74% des dirigeants d’institutions financières sur le continent se disent confiants dans les perspectives économiques de leurs organisations à 3 ans, selon la 5e édition du Baromètre de l’Industrie Financière Africaine, réalisée par Deloitte et l’Africa Financial Summit.
Cette confiance est portée par le ralentissement de l’inflation, une meilleure visibilité opérationnelle et une dynamique commerciale plus soutenue. Dans le détail, la microfinance ressort comme le segment le plus optimiste avec 9/10, devant les assurances à 8,35/10. Les fintechs reviennent à des anticipations plus “normalisées” (8,33/10) après un pic à 9,25/10 en 2024. Les groupes panafricains maintiennent une confiance élevée (8,44/10), tandis que les acteurs internationaux (7,82/10) et les marchés de capitaux (7,5/10) restent plus prudents dans un contexte de volatilité.
Sur le plan des priorités, la cybersécurité (51%), la rentabilité (46%) et l’efficience opérationnelle dominent. 54% des institutions sondées s’estiment désormais digitalement matures (+6 points vs 2024).
L’intelligence artificielle est d’abord perçue comme un outil de maîtrise des risques : 77% des institutions anticipent un impact fort sur la détection de fraude, 70% sur l’analyse du risque crédit et 70% sur l’optimisation des processus. La personnalisation des offres (72%) et les chatbots (68%) figurent aussi parmi les usages les plus cités.
Côté intégration continentale, l’interopérabilité des paiements est identifiée comme la transformation prioritaire d’ici 2030 par 28% des répondants, avec l’ambition de mieux connecter un ensemble estimé à 1,6 milliard de comptes (banque et mobile money). L’inclusion financière n’est un pilier stratégique que pour 39% des institutions, portée surtout par la microfinance (100%) et les fintechs (67%), tandis que les assurances accélèrent sur les segments sous-pénétrés via des partenariats, notamment avec les télécoms.
Enfin, l’ESG évolue vers une approche plus pragmatique : l’investissement à impact reste la dimension la plus structurée (66%), alors que l’intégration des critères ESG recule à 57%. La parité progresse, avec 47% des institutions dotées de politiques dédiées et 44% disposant d’un reporting genre.
Menée entre mai et septembre 2025 auprès de dirigeants de plus de 70 institutions, cette édition du Baromètre met en lumière un secteur en consolidation, qui avance en donnant la priorité à la sécurité, à la performance et à la transformation digitale.
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