Quand le Trésor se fait discret pour éviter la tension des taux

Le marché obligataire a vécu une séance singulière lors de la 1ère adjudication de février 2026: le Trésor n’a pas participé, selon Attijari Global Research dans sa note Weekly Hebdo Taux – Fixed Income couvrant la période du 23 au 29 janvier.

D’après AGR, cette absence répond à une logique claire: ne pas marquer à la hausse la courbe primaire, dans un contexte où les investisseurs relèvent leurs exigences de rentabilité. Autrement dit, éviter que l’adjudication ne devienne un “signal prix” trop brutal, au moment où la courbe des taux montre déjà des signes de tension.

Sur la semaine analysée, les soumissions ont dépassé 10 milliards de dirhams, avec une forte concentration sur le moyen terme (environ 65% des montants). En parallèle, la courbe secondaire a enregistré une hausse généralisée, atteignant +9 points de base à l’issue de la période.

AGR souligne que cette dynamique s’inscrit dans une tendance plus large observée depuis le début de 2026, marquée par une remontée progressive des taux sur le marché obligataire. Parmi les facteurs explicatifs, l’institut met en avant une levée importante du Trésor en janvier 2026, à plus de 18 milliards de dirhams, ce qui contribue à ajuster les attentes des investisseurs.

Pour AGR, ce recours soutenu au marché des Bons du Trésor traduirait une stratégie de constitution d’un matelas de liquidité pour le reste de l’année 2026. Un indicateur va dans ce sens: depuis le début de 2026, la moyenne des placements du Trésor sur le marché monétaire n’a pas dépassé 9 milliards de dirhams, contre plus de 15 milliards de dirhams en moyenne en 2025.

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