Aéroports européens et compagnies aériennes remettent la pression sur Bruxelles à l’approche de la haute saison. Dans un communiqué conjoint, ACI Europe, Airlines for Europe (A4E) et l’Association internationale du transport aérien (IATA) réclament une “révision immédiate” du nouveau système d’entrée et de sortie dans l’espace Schengen, craignant des perturbations majeures dès cet été.
Selon ces organisations, sans mesures rapides offrant davantage de flexibilité, les voyageurs pourraient faire face à des files d’attente allant jusqu’à 4 heures, voire plus, pendant les semaines de pointe. Elles affirment avoir déjà observé, dans l’état actuel du déploiement, des temps d’attente excessifs pouvant atteindre 2 heures.
Au cœur des inquiétudes: la montée en puissance du système d’entrée/sortie (EES), appelé à remplacer progressivement les tampons manuels. Le dispositif vise à enregistrer les données d’identité et biométriques des voyageurs concernés, ainsi que leurs dates d’entrée et de sortie, afin notamment de mieux détecter les dépassements de séjour et les refus d’entrée.
Dans une lettre adressée à Magnus Brunner, commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, les trois organisations pointent un sous-effectif chronique des services de contrôle aux frontières, ainsi que des problèmes technologiques non résolus liés à l’automatisation.
Elles exhortent la Commission à confirmer que les États membres de Schengen pourront suspendre partiellement ou totalement l’EES si nécessaire, jusqu’à fin octobre 2026. La mise en place progressive se poursuit depuis le 12 octobre aux frontières terrestres et maritimes de l’Union européenne, ainsi que dans les aéroports. Dans le calendrier actuel, 35% des visiteurs de pays tiers sont enregistrés, avec un objectif de 100% fixé au 10 avril, à l’orée de la haute saison touristique.
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