Les finances de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) traversent une zone de fortes turbulences. Selon un rapport 2025 sur le fonctionnement communautaire, présenté récemment au Parlement communautaire à Malabo, les arriérés dus par les États membres atteignent 263,5 milliards de FCFA (environ 400 millions d’euros).
Ce montant correspond aux retards de paiement liés à la Taxe communautaire d’intégration (TCI), principale source de financement de la communauté, due par les 6 États membres: Cameroun, Gabon, Congo, Tchad, Centrafrique et Guinée équatoriale.
Le rapport souligne que la TCI demeure insuffisamment recouvrée. En 2025, seulement 31,09 milliards de FCFA ont été mobilisés sur 51,9 milliards attendus, soit un taux de recouvrement inférieur à 60%. Le document indique que seuls le Gabon et le Cameroun ont contribué au-dessus du minimum prévu par les textes, tandis que d’autres pays affichent zéro participation.
Le rapport pointe un paradoxe: la crise survient alors que le marché des titres publics de la zone a enregistré une activité record en 2025, révélant un décalage entre les financements mobilisés au niveau national et le respect des engagements communautaires.
Face à cette pression sur la trésorerie, le président de la Commission, Baltasar Engonga Edjo’o, a ordonné le 5 février la suspension provisoire des activités et missions jugées non stratégiques, afin de préserver les ressources restantes.
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