Le choc pétrole qui rebat toutes les cartes après les frappes contre l’Iran

Le quotidien britannique des milieux des affaires, Financial Times, a analysé dimanche soir l’impact des frappes lancées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, relevant que les marchés pétroliers ont brutalement réagi lundi à l’ouverture des échanges en Asie, après que le président américain Donald Trump a affirmé que les frappes vont se poursuivre « jusqu’à ce que tous nos objectifs soient atteints ».

Les investisseurs redoutent une escalade durable au cœur de la principale région productrice d’or noir au monde, note le Financial Times, soulignant que le baril de Brent, référence internationale, a bondi jusqu’à 82,37 dollars à l’ouverture, son plus haut niveau depuis plus d’1 an, avant de réduire ses gains pour progresser d’environ 9%. Le brut américain (WTI) a, lui aussi, grimpé de 9%, dépassant les 72 dollars le baril.

Cette flambée intervient alors que la campagne militaire massive menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran fait craindre une perturbation majeure de l’approvisionnement mondial, indique le journal londonien, soulignant que le trafic dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour une part significative du commerce mondial de pétrole, s’est fortement contracté.

Le Financial Times souligne, d’autre part, que la tension dans la région du Moyen-Orient a rattrapé les marchés financiers, qui semblent sous pression croissante. Les contrats à terme sur le S&P 500 et le Nasdaq 100 laissaient entrevoir un recul d’environ 1% à la réouverture de Wall Street, indique le journal.

Dans ce contexte, les valeurs refuges ont progressé, y compris l’or qui a grimpé de 1,6%, se rapprochant de ses records récents, tandis que le dollar se renforçait face aux principales devises, porté par les flux de capitaux en quête de sécurité.

Plusieurs économistes, cités par le quotidien londonien, ont mis en garde contre un scénario de stagflation en cas de maintien prolongé des prix du pétrole au-delà de 100 dollars le baril. Une telle situation pourrait raviver les pressions inflationnistes tout en pesant sur la croissance mondiale, estime la même source.

L’escalade militaire place, ainsi, les marchés mondiaux dans une zone d’incertitude extrême, poursuit le Financial Times, estimant que les pays émergents seront particulièrement vulnérables d’autant plus que le choc pétrolier pourrait raviver les craintes d’un ralentissement économique global.

Pour l’heure, les investisseurs scrutent l’évolution du conflit et l’impact potentiel sur les infrastructures énergétiques régionales, indique encore le journal, soulignant que si l’escalade devait se prolonger, les marchés pourraient entrer dans une phase prolongée de forte volatilité, où énergie, inflation et politique monétaire redeviendraient les déterminants centraux de la conjoncture mondiale.

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